Une oasis de chrétienté

Du 11 au 14 juillet, s’est dérou­lée, dans le superbe cadre du car­rou­sel de Baron­ville, à  20 kilo­mètres de Chartres, la 23e uni­ver­si­té d’été de Renais­sance Catho­lique, dont le thème était : Sor­tir de la crise ? Près de 250 par­ti­ci­pants ont pris au sérieux la réflexion de Bos­suet : « Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils ché­rissent les causes. » En effet, si tout le monde s’accorde à  obser­ver que nous vivons une crise éco­no­mique, finan­cière et ins­ti­tu­tion­nelle, moins nom­breux sont ceux qui dis­cernent qu’il s’agit d’abord d’une crise morale, intel­lec­tuelle et spi­ri­tuelle.


Pre­mière par­tie his­to­rique

Dans une éblouis­sante confé­rence intro­duc­tive, Michel De Jae­ghere expo­sa l’œuvre du Libyen Syne­sios de Cyréne (370–415) dont l’action poli­tique per­mit à l’Empire romain d’Orient de durer un mil­lé­naire de plus que son homo­logue d’Occident. Phi­lippe de Vil­liers enthou­sias­ma son audi­toire par une magis­trale confé­rence de deux heures, trai­tant de la manière dont Jeanne d’Arc res­tau­ra l’autorité royale. Quant à Phi­lippe Pichot-Bra­vard, il sut pas­sion­ner l’assistance sur les mérites et des limites de la Res­tau­ra­tion. La par­tie his­to­rique fut conclue par Phi­lippe Conrad qui expli­qua, avec une grande clar­té, pour­quoi et com­ment l’incontestable vic­toire fran­çaise de 1918 débou­cha vingt années plus tard sur la plus grande défaite mili­taire qu’ait jamais subie notre pays.

Au pre­mier rang des élé­ments de la crise que subit la France, il convient de men­tion­ner la pré­sence de plu­sieurs mil­lions de per­sonnes étran­gères à notre culture et à notre civi­li­sa­tion car d’origines musul­manes. Une ren­contre avec Jean-Paul Gou­ré­vitch per­mit de dres­ser un état des lieux très fac­tuel de l’islam et de l’immigration en France, ce qui ser­vit de base, ensuite, à un débat très ani­mé – mené par Jean-Pierre Mau­gendre – entre l’abbé Pagés, auteur de Elé­ments pour un dia­logue isla­mo-chré­tien, Anne-Claude Ran­son, pré­si­dente de l’association Eleu­the­ros, pour le droit à deve­nir chré­tien, et Pierre Cas­sen, pré­sident de Riposte laïque.

Les crises actuelles

Notre civi­li­sa­tion est trop impré­gnée de chris­tia­nisme pour qu’une crise de l’Église n’ait pas des consé­quences néfastes sur la socié­té civile. Venu spé­cia­le­ment de Rome, le pro­fes­seur De Mat­tei mit en évi­dence, avec la pré­ci­sion et la rigueur que cha­cun lui connaît, les ori­gines intel­lec­tuelles et les consé­quences pos­sibles des récentes décla­ra­tions du car­di­nal Kas­per sur l’accès des divor­cés rema­riés à la com­mu­nion.
Marie-Pau­line Des­warte sut livrer des pistes de réflexion sur les moyens de Res­tau­rer la poli­tique avant qu’un débat sur le thème Poli­tique d’abord ? – diri­gé par Xavier Fru­leux – ne ras­semble Bru­no Goll­nisch, Béa­trice Bourges (Prin­temps Fran­çais) et Mar­tine Dubois, col­la­bo­ra­trice de l’excellent ouvrage Prio­ri­tés édu­ca­tives.

Enfin, en s’appuyant sur de nom­breux exemples, Jean-Yves Le Gal­lou dénon­ça La tyran­nie média­tique qui cherche à empê­cher le malade qu’est notre socié­té de prendre conscience de la gra­vi­té de son état tout en lui inter­di­sant les remèdes qui pour­raient le remettre d’aplomb. Il reve­nait à Pierre de Lau­zun, dans une confé­rence de très haute tenue qui sus­ci­ta une mul­ti­tude de ques­tions, de livrer des pistes pour Sur­mon­ter la crise éco­no­mique que nous vivons, avant que Jean-Pierre Mau­gendre ne conclue cette uni­ver­si­té par une réflexion sur l’attitude à tenir face à la crise, les faux remèdes pro­po­sés et qui tiennent le haut du pavé, ayant à terme autant d’effets qu’un cata­plasme sur une jambe de bois.

Comme en chré­tien­té

Mais au-delà des confé­rences, cette uni­ver­si­té d’été fut riche aus­si de ren­contres entre par­ti­ci­pants, avec les confé­ren­ciers, avec l’association Espé­rance-Ban­lieue qui a ouvert un col­lège à Mont­fer­meil pour s’efforcer de faire aimer la France aux enfants issus de l’immigration, avec la visite de la cathé­drale de Chartres ou du sémi­naire des bar­be­lés, la finale de la coupe du monde de foot­ball, la pro­jec­tion du chef d’œuvre de Patrick Buis­son sur Gus­tave Thi­bon Il était une foi…

De nom­breux prêtres (Père Leca­reux, cha­noines Mer­ly, Trau­ches­sec et Jes­tin) étaient pré­sents, assu­rant les offices litur­giques et demeu­rant à la dis­po­si­tion des par­ti­ci­pants pour des ren­contres ou des confes­sions. La qua­li­té des nom­breux nou­veaux confé­ren­ciers, le renou­vel­le­ment de la consé­cra­tion de Renais­sance Catho­lique au Sacré-Cœur de Jésus, la publi­ca­tion d’un ouvrage de Mgr Schnei­der, pré­fa­cé par le car­di­nal Burke, Cor­pus Chris­ti. La com­mu­nion dans la main au cœur de la crise de l’Eglise, l’augmentation sen­sible du mon­tant de livres ven­dus par notre ami F.-X. d’Hautefeuille de DPF, la diver­si­té d’origine des par­ti­ci­pants, etc. sont des signes encou­ra­geants qui mani­festent la vita­li­té de cette uni­ver­si­té d’été qua­li­fiée par un nou­veau confé­ren­cier d’oasis de chré­tien­té.

Yves Amos­sé,
pour Cor­res­pon­dance Euro­péenne

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