Sermon du père Argouarc’h

Dimanche 27novembre 2011

1e dimanche de l’Avent

Nous venons d’entendre un récit de l’Apocalypse, comme le der­nier dimanche de la Pen­te­côte, mais le der­nier dimanche de l’année litur­gique, l’Église et le Christ nous mettent en garde contre les faux mes­sies et les faux pro­phètes.

« Et le Christ et l’Église c’est tout un » disait Sainte Jeanne d’Arc. « L’Église c’est le Christ conti­nué » disait Bos­suet. Mais que disait Notre Sei­gneur Jésus-Christ ? Il disait : « Veillez à ce que per­sonne ne vous séduise car plu­sieurs vien­dront en mon nom et diront : “Je suis le Christ et ils sédui­ront un grand nombre d’âmes” et beau­coup de faux Christs sur­gi­ront et ils feront des signes et des pro­diges éton­nants à ce point que les élus eux mêmes si cela se pou­vait seraient induits en erreur, je vous pré­dis ces choses afin que vous vous teniez aver­tis »

En ce temps de confu­sion et de crise, de bar­ba­rie et de chris­tia­no­pho­bie, il semble que les légions infer­nales aient plus de puis­sance pour trom­per, pour séduire, pour atta­quer notre mère la Sainte Église. Saint Hilaire disait : « Nous le savons les anté­christs seront nom­breux et ils doivent pré­pa­rer la venue et faci­li­ter l’action de l’antéchrist final. » « Qui­conque nie le Christ tel qu’il a été annon­cé par les apôtres, celui là est un anté­christ » disait le car­di­nal Pie. « Anté­christ celui qui nie que Jésus soit Dieu. Anté­christ celui qui nie que Jésus soit homme, anté­christ celui qui nie que Jésus soit Dieu et homme tout ensemble ». « L’antéchrist » dit encore le célèbre évêque de Poi­tiers « c’est celui qui enseigne que le miracle n’a pas de place dans la vie des hommes » Pour­tant le Christ a fait des miracles et il a don­né ce pou­voir à ses apôtres, aux saints et aux mar­tyrs. Je pense par­ti­cu­liè­re­ment à Saint Padre Pio qui a fait tel­le­ment de miracles, je suis allé à San Gio­va­ni Roton­do et nous avons prié et dit la messe pour un ancien de Riau­mont qui était dans le coma depuis un mois et demi, après une chute de moto ! Il a ouvert les yeux à midi en la fête de tous les saints ; son épouse et ses enfants ont pu l’embrasser, et cela res­semble bien à un miracle ! Saint Padre Pio a reçu les stig­mates de la pas­sion du Christ pour incar­ner ce qu’est réel­le­ment le Saint Sacri­fice de la messe. Les souf­frances de Padre Pio avaient leur source et leur rai­son d’être dans cette réac­tua­li­sa­tion du sacri­fice du Gol­go­tha à la messe. Et Padre Pio en célé­brant l’Eucharistie tachait de son propre sang les nappes de l’autel. Et il disait : « L’autel est le pres­soir de l’Église car le sang du Christ ruis­selle ». Padre Pio agit in per­son­na chris­ti et il est alter chris­tus. Padre Pio fut la vic­time choi­sie pour revivre dans sa chair le mys­tère de la croix. Padre­Pio à l’autel devient le signe sen­sible, le sacre­ment de Jésus cru­ci­fié, il est confi­gu­ré au Christ sou­ve­rain prêtre. Il fut comme un éclai­reur pour rap­pe­ler aux sémi­na­ristes, aux prêtres, aux reli­gieux que la messe est avant tout un sacri­fice. En célé­brant la messe, le corps de Padre Pio deve­nait lumi­nes­cent, il était trans­fi­gu­ré comme Jésus au mont Tha­bor. Sans aucun doute le Padre Pio est venu pour nous mon­trer ce qu’est la messe tri­den­tine. Lorsqu’il s’avançait vers l’autel, son regard était dou­lou­reux, ten­du. Il revi­vait Geth­sé­ma­ni ! Son pas était lourd, traî­nant car la croix est lourde de tous nos péchés.

Le démon s’est déchaî­né contre Padre Pio comme il s’est déchaî­né contre le Christ, contre le Saint Curé d’Ars, c’est une invi­ta­tion à regar­der vers celui que nous avons trans­per­cé ! Et aujourd’hui le prince des ténèbres ne sent-il pas comme un fré­mis­se­ment, le retour du sacer­doce catho­lique car « Il faut des ouvriers pour la grande mois­son des âmes » et le démon s’affole c’est pour­quoi il veut salir le visage du Christ ! Il ne sup­porte pas l’Agneau de Dieu ! Sau­veur et rédemp­teur. « L’antéchrist nie la révé­la­tion divine dans la sainte écri­ture ! Il nie les évan­giles écrits sous la dic­tés de l’Esprit Saint ». Il nie l’Église qui tra­vers l’histoire, tou­jours aus­si belle. L’antéchrist c’est celui qui nie ou attaque le sacer­doce. Jésus avait dit à ses apôtres : « Comme mon Père m’a envoyé moi aus­si je vous envoie, allez donc ensei­gner toutes les nations et bap­ti­sez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ».« Celui qui nous reçoit, me reçoit et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m’envoyé ».Saint Jean ajoute : « Tout esprit qui dis­sout Jésus n’est pas de Dieu, et c’est pro­pre­ment lui qui est cet anté­christ dont vous avez enten­du dire qu’il vient et qu’il est déjà main­te­nant dans le monde »

Le dis­sol­vant, il est par­tout, dans la poli­tique, chez les ani­ma­teurs de télé­vi­sion, il est au théâtre, au ciné­ma, sur Inter­net, chez cer­tains écri­vains et aus­si chez cer­tains hommes d’église.

Le car­di­nal Pie fut vrai­ment un pro­phète quand il disait : « Plus la reli­gion est atta­quée, plus l’Eglise est bat­tue en brèche de toutes parts, plus les doc­trines d’erreur et de per­ver­sion morale enva­hissent les dis­cours, les livres et les théâtres et rem­plissent tout l’air de leurs miasmes pes­ti­len­tiels, plus aus­si vous pou­vez acqué­rir devant Dieu de gran­deur, de per­fec­tion, de mérite » Quand une école libre envoie ses élèves à la mos­quée pour qu’ils s’imprègnent de l’islam, c’est les livrer à l’antéchrist. Beau­coup de spé­cia­listes veulent nous faire croire que les loups sont her­bi­vores alors que « ce sont des rapaces » nous rap­pelle le Christ. Notre com­bat est un com­bat pour l’enfance en dan­ger. « Lais­sez venir à moi les petits enfants, ne les empê­chez pas » disait le Christ.

C’est pour­quoi nous défen­dons la vie ! Nous défen­dons la Patrie, « L’espérance est mili­taire » disait le Père Yves Salem Car­rère et nous connais­sons la guerre psy­cho­lo­gique qui est faite à notre armée c’est le livre du Père Cas­ta, aumô­nier para­chu­tiste « le drame spi­ri­tuel de l’armée » ou celui du Père Dela­rue sur l’Algérie. C’est le Père de Pom­me­rol en Afgha­nis­tan qui rap­pelle ce que sont l’islam et les tali­bans. C’est le Père Yan­nick Lal­le­mand qui évoque le drame du Drak­kar. L’antéchrist ne s’est-il pas atta­qué spé­cia­le­ment à ce qu’il y avait de meilleur dans la voca­tion mili­taire. Cette voca­tion de civi­li­sa­tion et de défense de la chré­tien­té. Ne s’est-il pas atta­qué aux cen­tu­rions qui gar­daient un idéal envers et contre tout. Cet idéal qui fait l’honneur de nos armées ! N’a-t-il pas sus­ci­té chez les poli­tiques des tra­hi­sons et des renie­ments.

Hugh Ben­son a évo­qué la mon­tée du mon­dia­lisme dans « Le maître de la terre » et la for­ma­tion de deux camps l’humanitarisme et le catho­li­cisme, c’est aus­si ce qu’évoquait le pen­seur russe conver­ti Solo­wiew, il pré­sente l’antechrsit comme paci­fiste, éco­lo­gique, et œcu­mé­nique. Le doc­teur Day a évo­qué aux Etats-Unis les plans de ce nou­vel ordre bar­bare en 1969 dans une confé­rence ! N’oublions pas ce que disait l’encyclique « Cen­te­si­nus annus » « L’état qui impose sa morale tend à absor­ber la nation, la famille et les com­mu­nau­tés reli­gieuses et les per­sonnes elles mêmes »

Pour­tant nous sommes rem­plis d’espérance car nous pui­sons de la force et aus­si la grâce dans les racines chré­tiennes de la France qui plongent dans le bap­tis­tère de Reims. De tous les mys­tères de la vie celui de la nais­sance est cer­tai­ne­ment le plus joyeux, le plus atten­dris­sant. Devant un ber­ceau nous pou­vons dire : « Que sera cet enfant ? ». Aujourd’hui c’est le 15e cen­te­naire de la mort de Clo­vis (27 novembre 511). C’était le 25 décembre 496 en la fête de Noël que Clo­vis roi des Francs reçut le bap­tême des mains de Saint Rémi. C’est bien à Reims qu’est née dans la joie la France catho­lique. Cette France fille aînée de l’Église qui passe à tra­vers tant d’épreuves. Le 6 jan­vier 2012 c’est le 600e anni­ver­saire de la petite fille de Don­ré­my Jeanne d’Arc, Sainte Jeanne d’Arc, nous entrons dans une année johan­nique. Don Gué­ran­ger dit que la France fut sau­vée car Dieu accepte Jehanne qui était vierge comme une hos­tie. Il faut prier beau­coup dans les chau­mières pour que Dieu fasse un miracle ! Au milieu des vagues, en pleine tem­pête Saint Pierre criait « au secours » nous aus­si nous sommes dans la barque du lac de Tibé­riade et nous sommes rem­plis d’espérance car nous sommes avec le Christ.

Comme au moment de la guerre de cent ans, il faut prier. Pour entre­te­nir la flamme il y a les veillées, les pèle­ri­nages, les ado­ra­tions noc­turnes, les pro­ces­sions, les mani­fes­ta­tions, c’est aus­si cela l’amitié fran­çaise. Il y a la prière des enfants le soir à l’oratoire de famille. « Il faut per­sé­vé­rer dans les œuvres sur­tout les œuvres de cha­ri­té » disait le car­di­nal Pie. Il faut mar­cher sur les che­mins de l’honneur et de la fidé­li­té, comme les légions de Jeanne d’Arc.

Gar­dons l’esprit d’enfance comme Sainte Thé­rèse de l’Enfant Jésus qui implo­rait Jeanne d’Arc :
« O Jehanne sou­viens toi que tu sau­vas la France

Comme un ange des cieux tu gué­ris sa souf­france

Écoute dans la nuit la France qui gémit. Rap­pelle toi ! »

Implo­rons le Christ de misé­ri­corde si cher à Sainte Faus­tine et aus­si Notre Dame de France. C’est parce que la renais­sance catho­lique est com­men­cée que notre prière doit être belle sous le regard des Saints et des Mar­tyrs
« Un seul Sei­gneur,

Une seule Foi

Un seul bap­tême

Un seul Dieu et Père »

Père Jean-paul Argouarc’h

Sainte Croix de Riau­mont

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