Pour en finir avec Mai 68

Pré­sent : Renais­sance Catho­lique orga­nise le 18 mai 2008, à Paris, un col­loque inti­tu­lé : « Pour en finir avec mai 68 ». Quel est l’objectif de cette réunion ?

Jean-Pierre Mau­gendre : En France, nous aimons les com­mé­mo­ra­tions et il faut bien conve­nir que le cata­logue des évè­ne­ments à com­mé­mo­rer est sen­si­ble­ment plus large chez nous que dans d’autres pays.
Le mois de mai qui com­mence va voir une mul­ti­tude de témoi­gnages, réflexions, ana­lyses… défi­ler sur les écrans, s’afficher dans les devan­tures des librai­ries et enva­hir les colonnes de la presse à l’occasion du qua­ran­tième anni­ver­saire des « évé­ne­ments » de mai 68. Tout sera et est déjà, bien sûr, très poli­ti­que­ment et his­to­ri­que­ment cor­rect. Les agi­ta­teurs bou­ton­neux de mai 68 ont rejoint les ors des palais pré­si­den­tiels et encaissent les jetons de pré­sence des conseils d’administration. Daniel Cohn-Ben­dit, Dany-le-Rouge, co-pré­sident du groupe Vert au Par­le­ment euro­péen, vient d’être reçu à l’Elysée par le pré­sident Sar­ko­zy le 16 avril der­nier. Alain Geis­mar est deve­nu ins­pec­teur géné­ral de l’Education Natio­nale. Le Club Médi­ter­ra­née de Gil­bert Tri­ga­no et la fnac de Max Thé­ret et André Essel font par­tie de la vie quo­ti­dienne de mil­lions de Fran­çais qui ignorent les ori­gines gau­chistes de l’une et l’autre ins­ti­tu­tion.
Il nous est appa­ru néces­saire de faire entendre un autre son de cloche, non pas par sou­ci d’originalité (quoique !) mais parce qu’il nous semble que cer­taines véri­tés méritent d’être rap­pe­lées.

Pré­sent : A qui avez-vous fait appel pour trai­ter de ce thème ?

Jean-Pierre Mau­gendre : Pour le grand public, la révo­lu­tion de mai 68 c’est d’abord la révo­lu­tion des mœurs : « Jouir sans entraves » devient le leit­mo­tiv d’une géné­ra­tion pour qui le Sida n’existe pas encore et qui, au sor­tir de la guerre d’Algérie, bat à l’unisson des cam­pus amé­ri­cains dont le slo­gan, contre la guerre du Viet­nam, se résume à : « Faites l’amour, pas la guerre ». Nous avons deman­dé à Phi­lippe Maxence, rédac­teur en chef de l’Homme Nou­veau, de trai­ter cette ques­tion essen­tielle car elle est en bonne part à l’origine de la « culture de mort » aujourd’hui hégé­mo­nique dénon­cée par Jean Paul II.
Maître Jacques Tré­mo­let de Vil­lers qui a été éga­le­ment sol­li­ci­té, remon­te­ra plus loin dans l’histoire et mon­tre­ra com­ment ce monôme étu­diant de mai 68 est une consé­quence loin­taine, mais tout à fait réelle, de la tra­hi­son gaul­liste des espoirs qu’avaient sus­ci­tés les évé­ne­ments de mai 58 en Algé­rie, dix années aupa­ra­vant. N’est-il pas logique, d’ailleurs, que le triomphe de la « chien­lit » soit l’aboutissement iné­luc­table d’une démarche où le men­songe le dis­pute à la dupli­ci­té et la tra­hi­son à l’absence de scru­pules ? Jacques Tré­mo­let de Vil­lers met­tra ses excep­tion­nels talents d’orateur au ser­vice d’un sujet qui, nous le savons, lui tient à cœur.
Cepen­dant, bien sûr, les mœurs ne se réduisent pas au com­por­te­ment sexuel et « mai 68 » marque un véri­table chan­ge­ment de civi­li­sa­tion, l’individu-roi se dres­sant avec ses droits et ses dési­rs sur les ruines de la famille, de l’Etat, de la nation et de l’Eglise. Bru­no Goll­nisch, qui fit par­tie de ceux qui s’opposèrent phy­si­que­ment aux agi­ta­teurs gau­chistes de la facul­té de Nan­terre, met­tra ses dons de tri­bun au ser­vice de la démons­tra­tion que « mai 68 » est bien une crise majeure de civi­li­sa­tion dont les effets se font dura­ble­ment sen­tir encore aujourd’hui.
Enfin, alors que Nico­las Sar­ko­zy vient de célé­brer, dis­crè­te­ment, le pre­mier anni­ver­saire de son entrée à l’Elysée, je rap­pel­le­rai les termes de son dis­cours du dimanche 29 avril 2007 au Palais Omni­sport de Paris-Ber­cy : « Je veux tour­ner la page de mai 68 une bonne fois pour toutes… Je pro­pose aux Fran­çais de rompre avec les idées de mai 68. Je pro­pose aux Fran­çais de renouer en poli­tique avec la morale, l’autorité, le res­pect, le tra­vail, la nation. Je pro­pose de recons­truire un Etat qui fasse réel­le­ment son métier ». Nico­las Sar­ko­zy a été élu très lar­ge­ment sur ce pro­gramme. Un an après où en sommes-nous ? Je m’efforcerai de répondre à la ques­tion : Nico­las Sar­ko­zy a-t-il rom­pu avec mai 68 ?

Pré­sent : Pou­vez-vous nous don­ner quelques ren­sei­gne­ments pra­tiques ?

Jean-Pierre Mau­gendre : Ce col­loque a lieu le dimanche 18 mai de 14 h 15 à 18 h dans la salle de confé­rence de l’ASIEM, 6 rue Albert de Lap­pa­rent, Paris VIIe (M° Ségur, Sèvres-Lecourbe, St Fran­çois-Xavier).
Ce sera éga­le­ment l’occasion pour les par­ti­ci­pants d’acquérir le tout nou­vel ouvrage de Mar­tin Pel­tier : Nico­las Sar­ko­zy, la Répu­blique, les reli­gions, que vient d’éditer Renais­sance Catho­lique et de s’informer sur notre Uni­ver­si­té d’été qui aura lieu à Ave­nay-Val d’Or, près d’Epernay, du 11 au 14 juillet, autour du thème : « La démo­cra­tie tota­li­taire ». Ces tra­vaux nous appa­raissent comme très com­plé­men­taires de ceux de notre col­loque. Au-delà de l’événement his­to­rique ponc­tuel, il s’agit tou­jours de resi­tuer les évé­ne­ments dans une longue durée, d’en ana­ly­ser les pré­sup­po­sés phi­lo­so­phiques et intel­lec­tuels afin de les confron­ter au réel et d’élaborer les néces­saires contre-feux.

Renais­sance Catho­lique 89 rue Pierre Bros­so­lette 92130 Issy-les-Mou­li­neaux

Tél. 01 46 62 97 04 – www.renaissancecatholique.org