Nous ne sommes pas des extrémistes

Le noyau diri­geant des évêques de France vient de mener, par trois publi­ca­tions qua­si­ment simul­ta­nées, une offen­sive en règle contre ce qu’il appelle l’extrême droite. Le quo­ti­dien offi­cieux de l’épiscopat, La Croix, a ain­si adres­sé à tous ses abon­nés un dos­sier de 98 pages inti­tu­lé : Extrême-Droite : écou­ter, com­prendre, agir. La confé­rence des évêques de France a de son côté publié un docu­ment de 4 pages : 2017, année élec­to­rale : quelques élé­ments de réflexion et une bro­chure de 94 pages : Dans un monde qui change, retrou­ver le sens du poli­tique.

Dieu soit loué : Ce n’est pas aux gens d’Église qu’a été confié l’honneur fran­çais. Ber­na­nos (Nous autres Fran­çais). Il s’agit clai­re­ment, pour l’épiscopat fran­çais, de géné­rer des « anti­dotes au Front natio­nal ». Au-delà de ce par­ti poli­tique sont ain­si stig­ma­ti­sés tous les patriotes qui s’inquiètent de l’enjeu de civi­li­sa­tion que repré­sente, pour une socié­té de culture chré­tienne, l’arrivée de mil­lions de musul­mans dési­reux de conser­ver, sur notre ter­ri­toire, leurs croyances et leurs modes de vie. On ne peut éga­le­ment qu’être atter­ré par la concep­tion contrac­tua­liste de la vie sociale mani­fes­tée dans ces docu­ments. Notre pro­pos n’est pas de mener ici une ana­lyse de ces textes mais sim­ple­ment de rap­pe­ler les faits sui­vants.

Une étiquette assassine

Nous récu­sons cette éti­quette d’extrémiste qui nous vise. Nous ne l’acceptons pas fût-ce par indif­fé­rence ou par bra­vade. Il importe de la reje­ter : non point pour nos per­sonnes, qui s’en moquent, mais pour les réa­li­tés que nous défen­dons, pour les solu­tions que nous pro­po­sons, pour le com­bat spi­ri­tuel et poli­tique que nous menons. Extré­miste cela veut dire : exces­sif, immo­dé­ré, déme­su­ré, outran­cier, bru­tal, violent, dan­ge­reux. Les réa­li­tés natio­nales et reli­gieuses que nous défen­dons ne sont ni outrées ni exces­sives.Nous sommes d’abord des amou­reux de la France char­nelle, de ses ter­roirs et de ses clo­chers. Pour nous la France n’est ni une idée ni une idéo­lo­gie, a for­tio­ri uni­ver­sa­liste. Nous nous recon­nais­sons héri­tiers et nous vou­lons trans­met­teurs.

Nous obser­vons avec une infi­nie recon­nais­sance le rôle majeur de l’Église catho­lique dans la consti­tu­tion et la nais­sance de la France. Elle a por­té notre pays sur les fonts bap­tis­maux de Reims et en a façon­né les pay­sages et les mœurs, mar­quant son âme et son appa­rence d’un sceau indé­lé­bile qu’aucune force depuis plus de 1 500 ans, et tout par­ti­cu­liè­re­ment depuis 200 ans, n’est par­ve­nue à effa­cer.

Nous récu­sons l’étiquette assas­sine d’extrême droite dont le seul objec­tif est d’assimiler les héri­tiers, indignes, de Clo­vis et de saint Louis, de Cor­neille et de Péguy, de Riva­rol et de Bar­rés, de sainte Jeanne d’Arc et de sainte Thé­rèse de l’Enfant-Jésus au régime san­glant de l’Allemagne natio­nale- socia­liste et à la bouf­fon­ne­rie gran­di­lo­quente du fas­cisme ita­lien mise en œuvre par le mili­tant socia­liste Beni­to Mus­so­li­ni.

Nous sommes des héritiers

Nous sommes des manants atta­chés à leurs terres et à leurs tra­di­tions, aux tom­beaux de leurs pères et à la langue de leurs anciens.

Notre catho­li­cisme n’est point un catho­li­cisme libé­ral ou de capi­tu­la­tion. Il est le catho­li­cisme de la tra­di­tion et de l’espérance, celui qui est chez lui en France parce que c’est lui qui a fait la France.

Nous sommes forts de cet héri­tage pas­sé. Nous le confions à nos enfants, charge à eux de lui res­ter fidèle, de l’enrichir et de le trans­mettre.

Nous croyons à l’existence d’un ordre natu­rel des choses contre les uto­pies contrac­tua­listes comme fon­de­ments de la vie en socié­té. « La doc­trine sociale catho­lique consi­dère que tant la famille que la nation sont des socié­tés natu­relles et ne sont pas le fruit d’une simple conven­tion » écri­vait Jean-Paul II dans Mémoire et Iden­ti­té.

Nous ne croyons pas que la loi civile doive obli­ga­toi­re­ment s’adapter à l’évolution des mœurs. Face à l’augmentation expo­nen­tielle du nombre des viols faut-il dépé­na­li­ser cette pra­tique avant de la léga­li­ser, voire en faire un droit du mâle à « jouir sans entraves » ?

Nous savons que l’homme, bles­sé dans sa nature depuis la chute ori­gi­nelle, a besoin de struc­tures sociales fermes et justes qui l’aideront à faire le bien et évi­ter le mal : « Entre le faible et le fort, le riche et le pauvre, le maître et le ser­vi­teur, c’est la loi qui pro­tège et la liber­té qui opprime ». Hen­ri Lacor­daire (o.p.)

Nous croyons à la force de la véri­té et de l’intelligence contre les men­songes et les uto­pies.

Nous œuvrons dans l’amitié fran­çaise et l’espérance chré­tienne.

Nous savons bien, au fond, que cette éti­quette assas­sine d’extrémisme nous est attri­buée, avec une évi­dente volon­té de nuire, par la téné­breuse alliance des libé­raux et des liber­taires unis dans la même vision maté­ria­liste et hédo­niste de l’homme. Leur objec­tif est d’essayer de faire oublier que nous sommes, en fait, au centre- non pas au centre déri­soire de l’hémicycle par­le­men­taire- mais au centre, car au cœur, de la tra­di­tion fran­çaise sans laquelle il n’est pas d’avenir fran­çais.

Jean-Pierre Mau­gendre