Le test Gerson

Les enjeux de l’enquête au lycée Ger­son (notre image : l’emblème de cet éta­blis­se­ment)


Le lycée Ger­son, éta­blis­se­ment catho­lique coté du XVIe arron­dis­se­ment de Paris, est au cœur d’une tem­pête des­ti­née, me semble-t-il, à se repro­duire de nom­breuses fois. Suite à l’intervention dans le lycée de repré­sen­tants de l’Alliance VITA sur des sujets qui traitent de la bioé­thique, de la nais­sance et de la gros­sesse, des élèves, des parents et des ensei­gnants se sont plaints à la direc­tion dio­cé­saine de l’Enseignement catho­lique des « dérives inté­gristes » de l’établissement. Le minis­tère de l’Éducation natio­nale a dili­gen­té une enquête. Il n’y a bien sûr aucune dérive « inté­griste » du lycée mais uni­que­ment une volon­té de la direc­tion de poser un regard catho­lique sur la Vie et tout ce qui concerne sa trans­mis­sion en accord avec la loi natu­relle et donc l’enseignement de l’Église. Ce pro­ces­sus de réaf­fir­ma­tion iden­ti­taire n’est pas un fait iso­lé. La mobi­li­sa­tion de nom­breux catho­liques, laïcs, prêtres et évêques contre la déna­tu­ra­tion du mariage fait par­tie de ce pro­ces­sus plus géné­ral.

Trois dif­fi­cul­tés se font cepen­dant jour :

- Une par­tie non négli­geable des ensei­gnants et des parents d’élèves des éta­blis­se­ments catho­liques ne par­tagent pas le pro­jet péda­go­gique de l’établissement : telle œuvre d’éducation cherche à reve­nir aux intui­tions catho­liques ori­gi­nelles de sa fon­da­tion mais se retrouve avec 25% d’éducateurs musul­mans ; tel pro­fes­seur de Lettres d’une classe de Khâgne d’un lycée catho­lique de pro­vince est un obsé­dé sexuel notoire, etc. Com­ment gérer la tran­si­tion ?

- Les évêques appa­raissent divi­sés entre par­ti­sans du consen­sus et de l’enfouissement, qui est sou­vent le préa­lable à l’ensevelissement, (NNSS Pon­tier, Bru­nin, Dagens…) – et tenants d’une affir­ma­tion catho­lique décom­plexée (NNSS Aillet, Rey, Cat­te­noz, Bar­ba­rin, Cen­tène…). La réélec­tion de Mgr Bru­nin comme pré­sident du conseil Famille et Socié­té de l’épiscopat mani­feste que les par­ti­sans du consen­sus sont tou­jours majo­ri­taires.

- Les pou­voirs publics ont choi­si leur camp. N’oublions pas que Jean-Marc Ayrault est un ancien mili­tant de la J.E.C. Le gou­ver­ne­ment met­tra tout son poids et l’appareil d’État dans la balance pour que l’Église catho­lique en France reste sur l’Aventin et se contente de pieuses consi­dé­ra­tions sur la « néces­si­té d’accueillir l’étranger », de « faire famille », de « lut­ter contre le racisme et l’intolérance », etc.

Deux actions com­plé­men­taires et non anta­go­nistes appa­raissent néces­saires : sou­te­nir les œuvres, asso­cia­tions, com­mu­nau­tés reli­gieuses… qui n’ont jamais suc­com­bé aux charmes délé­tères de l’enfouissement. Appor­ter son aide aux éta­blis­se­ments, direc­tions, orga­nismes, dio­cèses… qui essayent de se réap­pro­prier une iden­ti­té catho­lique. Cette tâche est sans doute plus ingrate tant il est dif­fi­cile de ver­ser du vin nou­veau dans de vieilles outres. Elle n’en est pas moins néces­saire.

Jean-Pierre Mau­gendre

Pré­sident