Le roman de Jeanne d’Arc par Philippe de Villiers

Retrou­vez Phi­lippe de Vil­liers à la 23e Fête du Livre de Renais­sance Catho­lique, le dimanche 7 décembre 2014 à Grand’Maisons (Vil­le­preux) où il dédi­ca­ce­ra ses ouvrages.

Après le roman de Cha­rette puis celui de Saint Louis vous publiez cette année un Roman de Jeanne d’Arc. N’êtes vous pas en train de créer un nou­veau style lit­té­raire entre la bio­gra­phie et le roman his­to­rique ?

Phi­lippe de Vil­liers – Jeanne d’Arc est et demeure le plus for­mi­dable trait d’union que l’Histoire ait jamais inven­té entre le Ciel et la Terre. Et en même temps, elle est et elle demeure le plus pur chef d’œuvre que le génie allé­go­rique fran­çais ait jamais dépo­sé dans notre lit­té­ra­ture. Elle est donc une héroïne incom­pa­rable, la plus grande de notre His­toire. Elle est chan­tée, louée, por­tée sur les autels par-delà les siècles, les « sen­si­bi­li­tés » comme on dit aujourd’hui, les opi­nions parce qu’elle est plus grande que cha­cun d’entre nous et que cha­cune de nos sin­gu­la­ri­tés.En fai­sant cette tri­lo­gie – sur la résis­tance popu­laire avec Cha­rette, sur la tem­pé­rance et le bien com­mun avec Saint Louis, et sur l’espérance avec Jeanne d’Arc – j’ai vou­lu mettre à la por­tée des géné­ra­tions ce triple retour, à tra­vers cette tri­lo­gie, à la source pri­mor­diale de la gran­deur fran­çaise.

Il y a deux ans vous nous avez décrit la vie d’un homme qui a incar­né la résis­tance popu­laire pour la liber­té, l’année der­nière sous les traits de Saint Louis vous avez décrit le chef d’État idéal pour notre pays, cette année en racon­tant sainte Jeanne d’Arc, quel mes­sage vou­lez vous faire pas­ser à vos lec­teurs ?

Jeanne d’Arc, je veux lui rendre son huma­ni­té et la mettre à la por­tée des nou­velles géné­ra­tions. Je trouve que depuis trop long­temps et trop sou­vent, on la regarde comme une sainte d’enluminure, accro­chée tout là-haut, ten­ture sacrée, et j’ai vou­lu dépo­ser la tapis­se­rie et lui rendre une part de ses fra­gi­li­tés, de ses vrai­sem­blances, retrou­ver la véri­té de ses émois, de ses désar­rois, de ses éblouis­se­ments.

Quelles leçons Jeanne d’Arc peut-elle don­ner à notre socié­té contem­po­raine ?

À tra­vers la vie de Jeanne d’Arc, il y a plu­sieurs per­ma­nences qui trouvent aujourd’hui toute leur actua­li­té.

D’abord la tra­hi­son des élites : on y pense inexo­ra­ble­ment quand on com­pare le trai­té de Troyes au trai­té de Maas­tricht. A un moment don­né, les élites trouvent que la sou­ve­rai­ne­té est trop lourde à por­ter, on la trans­fère à l’étranger, hier aux Anglais, aujourd’hui à Bruxelles, ou à Washing­ton, ou à Ber­lin.

Il y a une deuxième per­ma­nence, qui est très impor­tante : pour Jeanne le pou­voir s’imprègne de péren­ni­té et de sacra­li­té, c’est pour cela qu’elle veut abso­lu­ment conduire le Dau­phin à Reims, parce qu’elle dit : « Charles de Valois rece­vra plus de force d’une seule goutte d’huile sacrée que de dix mille lances ». Qu’est-ce que le pou­voir ? Qu’est-ce que la légi­ti­mi­té du pou­voir, Qu’est-ce qu’un pou­voir légi­time ? Grandes ques­tions d’actualité, au moment où on voit que la poli­tique est deve­nue un cloaque, un maré­cage, où il n’y a plus de pou­voir, où il n’y a plus de poli­tique.

Et puis la troi­sième leçon, la plus impor­tante : quand tout est déses­pé­ré, rien n’est déses­pé­ré, il y a tou­jours l’espérance. La France est un mot qui rime avec souf­france et avec espé­rance, pour que les jeunes gens qui voient la France s’abîmer ne déses­pèrent pas.

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