L’avenir nous appartient

Une nou­velle géné­ra­tion se lève, por­tée par de nou­veaux idéaux.


La démocratie totalitaire

Les enfants de mai 68 ont la gueule de bois !

Pour­tant ils ont aujourd’hui entre leurs mains tous les pou­voirs. Il y a qua­rante-cinq ans, un monôme d’étudiants bou­ton­neux impo­sait de nou­veaux para­digmes à une France étri­quée et réduite, modeste hexa­gone sans gloire mal­gré les rodo­mon­tades de son Guide. Une civi­li­sa­tion plu­sieurs fois mil­lé­naire, fille d’Athènes, Rome et Jéru­sa­lem ployait sous les assauts d’une jeu­nesse dési­reuse d’enfin « jouir sans entrave ». Les épou­sailles, fort peu mys­tiques, du liber­ta­risme moral et de la finance apa­tride ont pro­duit les fruits que cha­cun peut obser­ver : Domi­nique Strauss-Kahn, à la fois pré­sident du FMI, can­di­dat du PS à l’élection pré­si­den­tielle fran­çaise et ama­teur de « par­ties fines », Jérôme Cahu­zac ministre socia­liste du bud­get, pour­fen­deur de la fraude fis­cale et… frau­deur en déli­ca­tesse avec le fisc, le pou­voir exé­cu­tif déte­nu par un homme qui ne s’est jamais marié, a eu quatre enfants de sa com­pagne de trente ans pen­dant qu’il en conce­vait un autre avec sa maî­tresse d’alors avant d’en impo­ser une nou­velle encore à l’Élysée. Pin­gouin peut-être, chaud lapin sûre­ment.

Le sys­tème élec­to­ral a réus­si ce tour de force de per­mettre aux éco­lo­gistes de rem­por­ter 17 sièges à l’Assemblée dite « natio­nale » avec 5 % des suf­frages expri­més, tan­dis que le FN n’obtenait que 2 élus avec 14 % des suf­frages. Vous avez dit démo­cra­tie repré­sen­ta­tive ?mur_des_cons.png

Une bonne par­tie de la magis­tra­ture pour­suit un pro­jet poli­tique liber­ti­cide et tota­li­taire. Sur le « mur des cons » mis en place par le Syn­di­cat de la magis­tra­ture, après le nom du géné­ral Schmitt, cou­pable de s’être scan­da­li­sé qu’un réci­di­viste étran­ger ait pu tuer sa fille Anne-Lor­raine, sans doute fau­drait-il ajou­ter tous les par­ti­ci­pants à La Manif Pour Tous ? On note­ra, sans sur­prise, que si les condam­na­tions com­mencent à tom­ber sur les mani­fes­tants contre la déna­tu­ra­tion du mariage, il n’y a aucune nou­velle des exhi­bi­tions et agres­sions des Femen le 18 novembre 2012 contre Civi­tas ou le 12 février 2013 à Notre-Dame de Paris. Pas de nou­velles non plus des poli­ciers gazeurs du 24 mars. Quant à Redoine Faïd, un mois après son éva­sion spec­ta­cu­laire de la pri­son de Seque­din, il court tou­jours.

L’immense majo­ri­té des médias sou­tient sans états d’âme le Gou­ver­ne­ment dans ses men­songes sur les nombres des mani­fes­tants, ren­ché­ris­sant sur la « radi­ca­li­sa­tion » des oppo­sants… À ce pro­pos, com­bien de poli­ciers ont été bles­sés depuis le début des mani­fes­ta­tions il y a six mois ? À ma connais­sance, pas un seul ! La gauche hurle au « com­plot fas­ciste », mul­ti­plie les inter­pel­la­tions et les gardes à vue pour « délit de bonne gueule », gaze les femmes et les enfants comme si une mani­fes­ta­tion de dix mères de famille avec leurs pous­settes était le pro­drome d’une nou­velle marche sur Rome !

Le pou­voir en place ne contrôle plus que l’appareil d’État et ses relais média­tiques, ou l’inverse. Ce qui reste de classe ouvrière vote Front Natio­nal. Les entre­pre­neurs qui assurent la pros­pé­ri­té, rela­tive, de notre pays découvrent à l’occasion du strip-tease patri­mo­nial de nos ministres que pas un seul n’a sou­hai­té inves­tir de manière signi­fi­ca­tive dans des actions qui financent le déve­lop­pe­ment des entre­prises. Les héri­tiers de mai 68 ne peuvent plus se dépla­cer sans être pro­té­gés par des pelo­tons de gen­darmes mobiles ou des com­pa­gnies de CRS. Heu­reu­se­ment, le ridi­cule ne tue plus.

Un pouvoir de moins en moins légitime

Si l’autorité légi­time est celle qui, en fait, assure le bien com­mun d’une manière durable dans l’ordre et dans la paix, il faut bien conve­nir que les auto­ri­tés poli­tiques en place répondent de moins en moins à cette défi­ni­tion. L’autorité morale de l’État laisse de plus en plus la place à la simple contrainte. Le gou­ver­ne­ment de droit est en train de deve­nir un gou­ver­ne­ment de fait, une dic­ta­ture tota­li­taire au ser­vice d’oligarchies aus­si mino­ri­taires que sec­taires.

L’imprévu en his­toire, comme l’a oppor­tu­né­ment sou­li­gné Domi­nique Ven­ner, n’est pas un vain mot mais une réa­li­té. Qui aurait ima­gi­né il y a six mois que la résis­tance à la déna­tu­ra­tion du mariage revê­ti­rait cette ampleur et encore plus per­du­re­rait dans le temps ? On peut y voir la résis­tance d’un peuple bles­sé qui ne veut mou­rir. La France « bien éle­vée » qui fait fonc­tion­ner notre pays car elle tra­vaille, paie ses impôts et a des enfants, vient de prendre conscience que sa dis­pa­ri­tion était lar­ge­ment pro­gram­mée depuis long­temps. Les valeurs affi­chées par nos gou­ver­nants sont des uto­pies mor­ti­fères, en com­plet déca­lage avec la réa­li­té que vivent les braves gens qui se sont oppo­sés à la loi Tau­bi­ra et conti­nuent à le faire alors que la loi a été votée. Com­ment un ministre socia­liste ou un par­le­men­taire « libé­ral » peut-il com­prendre ce qui incons­ciem­ment anime la résis­tance de tout un peuple et qu’a si bien mis en forme un des témoins majeurs de notre époque Hélie Denoix de Saint Marc : « Les bar­bares auront triom­phé quand il n’y aura plus per­sonne pour défendre, jusqu’au bout, une idée, une vision qui dépasse son propre inté­rêt. » Contre ces bar­bares, l’Église de France s’est levée. Oh bien sûr, peu d’évêques étaient pré­sents dans la rue mais c’est l’appareil ecclé­sial, paroisses et AFC, qui a assu­ré le suc­cès des mani­fes­ta­tions des 13 jan­vier et 24 mars, ren­dant de plus en plus déri­soire et acro­ba­tique le dis­cours de l’égérie de La Manif Pour Tous célé­brant hier la beau­té des amours homo­sexuelles et aujourd’hui la légi­ti­mi­té du Contrat d’union civile pour les couples homo­sexuels. À l’instar de Nicole Fon­taine en son temps, elle a très pro­ba­ble­ment déjà gagné sa place d’éligible sur les listes UMP aux élec­tions euro­péennes de 2014.

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Ceux qui auraient sou­hai­té que l’Église de France s’engageât plus vigou­reu­se­ment encore ne doivent pas oublier d’où elle revient. Citons pour mémoire le silence abso­lu de l’épiscopat fran­çais lors de la dépé­na­li­sa­tion de l’avortement en 1975 ou la Décla­ra­tion com­mune contre le racisme et pour le plu­ra­lisme de la socié­té signée en 1984 par l’ensemble des diri­geants des reli­gions pré­sentes en France et toutes les obé­diences maçon­niques. À l’occasion de La Manif Pour Tous, plus de cin­quante évêques sont inter­ve­nus dans leurs bul­le­tins dio­cé­sains afin d’appeler à mani­fes­ter. Mon­sei­gneur Aillet twitte tran­quille­ment au len­de­main du vote à l’Assemblée : « Non à la loi Tau­bi­ra. Non à l’union civile. Tenez bon. » « Un évêque parle », c’est déjà beau­coup. D’autres aus­si ont par­lé contre cette loi injuste qui n’est donc pas une loi. Contrai­re­ment au car­di­nal Bar­ba­rin nous ne croyons pas, cepen­dant, que la dimen­sion sociale de notre foi soit uni­que­ment un « tout petit point minime de désac­cord » avec le ministre Manuel Gaz. Il nous semble au contraire qu’il s’agit d’un point majeur de désac­cord.

Une divine surprise

Une jeu­nesse s’est levée qui n’hésite pas à remettre en cause l’esprit de mai 68 et à vivre des valeurs de la loi natu­relle et de l’Évangile. Pierre Ber­gé, mil­liar­daire et homo­sexuel, copro­prié­taire du Monde et donc arbitre des élé­gances intel­lec­tuelles, incarne à la cari­ca­ture une gauche qui meurt, sans enfant, cris­pée sur ses avoirs, alors que se dresse contre cette vieillesse du monde (il a 82 ans) une jeu­nesse qui parle, elle, d’être et non d’avoir. Les « veilleurs » veillent et, dans le silence de leurs cœurs, résonnent à leurs oreilles les seuls mots qui donnent un sens à une vie : hon­neur, patrie, fidé­li­té, famille, amour, dévoue­ment, valeur, auto­ri­té, tra­vail… C’est autre chose qu’un dis­cours de fin de ban­quet répu­bli­cain !
Incons­ciem­ment unis dans une même com­pas­sion pour la France, ces jeunes aux par­cours dif­fé­rents font voler en éclat les cloi­sons, voire les bar­rières, que leurs parents avaient bâties entre eux. Au-delà de leurs dif­fé­rences, ils se sentent unis sur l’essentiel, habi­tés des mêmes idéaux. Une com­mu­nau­té d’agir se crée, por­teuse d’espérance pour notre patrie, même si les vieux cro­co­diles, les pro­fes­sion­nels de la poli­tique, droite et gauche confon­dues, unis par les mêmes com­pli­ci­tés maçon­niques, ont orga­ni­sé au Sénat, comme aux meilleurs temps du bol­che­visme, le vote à main levée le 12 avril de la loi déna­tu­rant le mariage. veilleurs2.jpg

Cette insur­rec­tion béné­fi­cie de l’allant de la jeu­nesse et de la force de la véri­té, mais elle doit aus­si, pour por­ter tout le fruit espé­ré, s’astreindre à une connais­sance appro­fon­die de cette véri­té. La conscience n’est pas la lumière, elle est l’œil qui regarde la lumière. Cette jeu­nesse géné­reuse, ardente et cou­ra­geuse, pro­fon­dé­ment mar­quée par les cha­rismes dif­fé­rents de Jean-Paul II et de Benoît XVI, mérite de trou­ver et de ren­con­trer les pas­teurs spi­ri­tuels, les maîtres intel­lec­tuels, les chefs tem­po­rels qui étan­che­ront sa soif d’absolu dans la radi­ca­li­té de l’Évangile et la fidé­li­té à sa loi d’amour et de véri­té. « C’est la fièvre de la jeu­nesse qui main­tient le reste du monde à la tem­pé­ra­ture nor­male. Quand la jeu­nesse se refroi­dit, le reste du monde claque des dents. » (Georges Ber­na­nos, Les grands cime­tières sous la lune.)

Jean-Pierre Mau­gendre