L’actualité et le livre Confiteor

« Car­di­nal Bri­doi­son : On envi­sage à  Rome de céder au chan­tage »¦ Cela veut dire qu’il y aura demain, dans cha­cune de nos villes des paroisses o๠l’on célè­bre­ra la messe en latin selon l’ancien rite et que tout ce qui se trouve d’arriéré , de nos­tal­gique, de réac­tion­naire dans nos dio­cèses, s’y pré­ci­pi­te­ra et for­me­ra, sous sa seule obé­dience, un abcès de fixa­tion o๠l’on se pro­cla­me­ra catho­lique en reje­tant les réformes et l’esprit du concile.

Mgr Gro­gi­bus : Mais »¦ mais »¦ mais »¦ c’est hor­rible !

Car­di­nal Bri­doi­son : Hor­rible. Vous avez le mot juste : oui. Que res­te­ra-t-il de notre auto­ri­té le jour o๠les fidèles auront le droit de choi­sir.

Car­di­nal Léan­dri : Si je vous ai deman­dé de me rejoindre ici, c’est parce que j’ai pen­sé qu’il fal­lait mon­trer à  Rome notre una­ni­mi­té à  refu­ser un tel pro­jet : nous, l’équipe diri­geante du Comi­té de vigi­lance épis­co­pale, les élus de l’Assemblée géné­rale de la Confé­rence des évêques de France »¦ Lorsque la nou­velle d’un accord sera ren­due publique, il sera trop tard pour agir. Rome aura par­lé en faveur des tra­di­tio­na­listes. Nous sommes des hommes d’obéissance, de tolé­rance et de paix : com­ment pour­rions-nous, alors, nous oppo­ser à  une récon­ci­lia­tion que l’on ne man­que­ra pas d’attribuer, par toute la terre, à  la volon­té du Saint-Père ? »


S’agit-il là des conver­sa­tions pri­vées, sous pseu­do­nymes, entre NNSS Vingt-Trois, car­di­nal arche­vêque de Paris et pré­sident de la Confé­rence épis­co­pale fran­çaise, Mgr Hip­po­lyte Simon, arche­vêque de Cler­mont et vice-pré­sident de la confé­rence épis­co­pale et Mgr Hérouard secré­taire de la confé­rence épis­co­pale, à l’occasion de leur visite au pape le lun­di 18 jan­vier 2010, pour venir faire le point de l’application du motu pro­prio Sum­mo­rum Pon­ti­fi­cum, le jour même où Mgr de Gala­ret­ta était à Rome pour pour­suivre les entre­tiens doc­tri­naux en cours entre le Saint-Siège et la Fra­ter­ni­té sacer­do­tale Saint-Pie X.

Une fois de plus, Michel De Jae­ghere avait anti­ci­pé les évé­ne­ments, décri­vant dans sa pièce Confi­teor l’ultime ten­ta­tive des évêques de France pour faire échouer les négo­cia­tions enta­mées entre le car­di­nal pré­fet du Saint-Office Hoff­bauer-Rat­zin­ger et Mgr Ver­dière-Lefebvre, fon­da­teur de la fra­ter­ni­té du Christ-Rédemp­teur. Les grandes œuvres ne vieillissent pas avec le temps. Il en est, elles sont rares, qui, vingt ans après leurs publi­ca­tions sont plus actuelles qu’à leur publi­ca­tion.

La pièce Confi­teor qui ima­gine dans une uni­té de temps et de lieu, chère au théâtre clas­sique, ce qu’auraient pu être les entre­tiens Rat­zin­ger-Lefebvre est de celles-là.

Confi­teor, Michel De Jae­ghere, Édi­tions Renais­sance Catho­lique, 272 pages, 22 € fran­co de port

Confiteor.png