La Préface – Histoire de France pour nos enfants

Au fron­ton de ce manuel est ins­crite cette réso­lu­tion : « Appre­nons l’Histoire de notre pays ». Ce ne sont point paroles à la légère. Ce manuel est un livre conçu pour apprendre. Il contient quelques belles images mais il n’est pas un album. C’est un texte en soixante-deux leçons agen­cé de manière à être faci­le­ment lu et rete­nu par des enfants. Les phrases en sont courtes et denses.

Pre­nons la 17e leçon, Phi­lippe Auguste. Elle est divi­sée en trois :

  1. Les pre­miers Capé­tiens (rap­pel).
  2. Phi­lippe Auguste.
  3. Bou­vines.

La deuxième par­tie compte six courtes phrases dont trois, capi­tales : « Phi­lippe Auguste devint roi à 15 ans en 1180. Ce fut l’un des grands rois capé­tiens. Il fit res­pec­ter la royau­té et agran­dit le domaine royal. » Les enfants liront trois fois ces trois phrases, les retien­dront et bien­tôt les sau­ront par cœur. Toute l’Histoire de France y pas­se­ra et les éco­liers la sau­ront ain­si tout entière, « des Gau­lois à nos jours ». Tout entière et tous les siècles et tous les temps qui ont cha­cun leur place. Le vieux pas­sé compte autant que le jeune. Le Moyen ge a droit à vingt-six leçons, presque la moi­tié du livre. Les enfants doivent connaître et res­sen­tir le poids et l’influence du vieux pas­sé.

L’agencement n’est pas pour autant éga­li­taire. Dans chaque leçon est mis en valeur le plus impor­tant. Par exemple, la 40e leçon : « La Révo­lu­tion » consi­dé­rant deux faits : la Ter­reur et la mort du roi Louis XVI, donne au second un récit deux fois plus long qu’au pre­mier. Des temps et des faits étaient oubliés. Ce manuel les ravive. Par exemple, la conquête de l’Algérie : une leçon entière, la 52, lui est consa­crée. Jus­tice est ren­due. Cette His­toire de France est com­plète.

Apprenons_l_histoire_de_France_a_nos_enfants.jpgOn ver­ra aus­si qu’elle n’est pas seule­ment l’histoire des rois et des batailles mais éga­le­ment celle de la vie quo­ti­dienne. « La vie des vil­la­geois au Moyen ge » est le titre de la leçon 14. Place est faite aus­si à la lit­té­ra­ture et à l’instruction. La leçon 39 est inti­tu­lée : « Les écri­vains du Grand Siècle » et la 40 : « Les maîtres d’école du Grand Siècle ». Enfin, à la reli­gion chré­tienne qui est l’âme de notre pays, il est nor­mal qu’une grande place soit réser­vée. Cette His­toire reli­gieuse de la France com­mence avec la leçon 5 : « Les pre­miers chré­tiens en Gaule. Sainte Blan­dine ». Les enfants appren­dront dans la der­nière leçon (de 1945 à nos jours) que « ce fut l’époque où la France se déchris­tia­ni­sa ».

Il ne suf­fit pas d’apprendre. Il faut com­prendre. Les auteurs expliquent s’il est besoin, et ils expliquent bien. Par exemple, ils font bien com­prendre aux enfants ce qu’était la féo­da­li­té et que le prin­cipe en était la pro­messe de fidé­li­té. « Ain­si, toutes ces pro­messes for­maient comme une chaine qui réunis­sait tout le monde ».

Toute l’Histoire de notre pays nous est ren­due et, avec elle, les exemples héroïques et les belles paroles les accom­pa­gnant, et qui avaient dis­pa­ru des manuels, comme le cou­rage du Grand Fer­ré de Com­piègne, celui de Bona­parte au Pont d’Arcole, et le cri admi­ra­tif du roi de Prusse voyant notre cava­le­rie char­ger sous les obus : « Ah les braves gens » !

Pour­tant ce manuel n’est pas d’un patrio­tisme chau­vin. Dans la conclu­sion, il est deman­dé aux enfants non pas de magni­fier la France mais de l’aimer et de remer­cier leurs ancêtres pour tout ce qu’ils leur ont lais­sé.

Jean de Vigue­rie

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