La fête du Livre : l’Histoire à l’honneur

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- Jean-Pierre Mau­gendre, pour votre 22e Fête du Livre, vous met­tez par­ti­cu­liè­re­ment en avant deux auteurs d’ouvrages his­to­riques : Phi­lippe de Vil­liers et Jean Sévil­lia. Et cela sous l’angle des « meilleures heures de l’histoire de France », puisqu’ils rendent tous deux hom­mage à sa plus belle gran­deur. Pour­quoi ce choix ?

- Il y a, me semble-t-il, deux par­ties dans votre ques­tion. Tout d’abord pour­quoi avoir choi­si des ouvrages his­to­riques et ensuite pour­quoi ceux-ci ? Tous vos lec­teurs connaissent la célèbre for­mule de Georges Orwell dans son roman d’anticipation 1984 : « Celui qui a le contrôle du pas­sé a le contrôle du futur. Celui qui a le contrôle du pré­sent a le contrôle du pas­sé. » C’est pour cela que l’histoire est par­tout. Elle est au cœur des débats et des polé­miques poli­tiques, elle ins­pire la télé­vi­sion, le ciné­ma, la lit­té­ra­ture, etc. La relec­ture des évé­ne­ments du pas­sé est sans cesse ins­tru­men­ta­li­sée pour ten­ter de condi­tion­ner notre lec­ture de l’actualité et nos choix pour l’avenir. Un exemple tout récent vient de nous en être four­ni par la manière dont Fran­çois Hol­lande, à l’occasion des com­mé­mo­ra­tions mar­quant le début de la Pre­mière Guerre mon­diale, a sur­va­lo­ri­sé le rôle des troupes colo­niales pen­dant ce conflit, accor­dant par sur­croît une impor­tance déme­su­rée aux mutins de 1917, pas­sant qua­si­ment sous silence les sacri­fices des mil­lions de com­bat­tants métro­po­li­tains qui n’étaient ni mutins ni issus de notre Empire colo­nial. Le dis­cours poli­tique et média­tique domi­nant porte aux nues les valeurs de la Répu­blique d’autant plus aisé­ment uti­li­sables qu’elles sont plus impré­cises. Les fameux mariages répu­bli­cains mis en œuvre par Car­rier à Nantes, et dont aucun res­pon­sable ne semble avoir fait repen­tance, font-ils par­tie de ces valeurs ? A contra­rio, tout atta­che­ment pré­fé­ren­tiel à notre patri­moine reli­gieux, his­to­rique ou cultu­rel, tout embryon de pré­fé­rence natio­nale pro­voque une crise de nerfs chez les ver­tueux cen­seurs qui en appellent immé­dia­te­ment aux « heures les plus sombres de notre his­toire », abreu­vant l’inconscient des seuls qua­li­fi­ca­tifs média­ti­que­ment cor­rects dans cette cir­cons­tance : rance, brun et moi­si.

Face à ce matra­quage per­ma­nent qui vise tan­tôt à nous faire haïr notre pas­sé natio­nal et à mépri­ser nos parents, tan­tôt à nous faire craindre le retour de menaces ima­gi­naires, le salut réside dans la connais­sance de la réa­li­té des faits pas­sés. Contre le des­sein avoué de créer des citoyens du monde sans racines ni his­toire, simples agents éco­no­miques à la flexi­bi­li­té par­faite, et consom­ma­teurs dociles bal­lo­tés par les flots des « mar­chés », l’enracinement dans une tra­di­tion et une mémoire est une néces­si­té vitale.

L’His­toire pas­sion­née de la France de Jean Sévil­lia, dont l’œuvre de réha­bi­li­ta­tion de l’histoire vraie contre l’histoire par­tiale est connue de tous vos lec­teurs, répond de manière par­ti­cu­liè­re­ment adap­tée à ces exi­gences. Quant au tra­vail de Phi­lippe de Vil­liers, Le roman de Saint Louis, écrit dans une langue mer­veilleuse, riche et alerte, il est aus­si un moyen de réha­bi­li­ter la poli­tique et le seul de nos rois à avoir été cano­ni­sé. Le témoi­gnage de Saint Louis nous rap­pelle que la poli­tique est un ser­vice.

- À côté de cela, la mise en valeur d’une his­toire plus récente, on pour­rait dire plus anec­do­tique – celle de La Manif Pour Tous – à pro­pos du livre Et la France se réveilla de Vincent Tré­mo­let de Vil­lers et Raphaël Stain­ville répond-il à une logique ? En d’autres termes, la Fête du Livre est-elle aus­si, sur­tout, un appel à la mobi­li­sa­tion natio­nale sur l’essentiel ?

- Nous ne sommes pas nos­tal­giques d’un pas­sé révo­lu. C’est ici et main­te­nant que nous devons faire notre salut et essayer de trans­mettre, enri­chi, le patri­moine que nous avons reçu de nos Anciens. Le sur­saut pour la défense de la loi natu­relle qui s’est mani­fes­té dans l’action de La Manif Pour Tous a consti­tué pour tous les obser­va­teurs une sur­prise. L’enjeu nous semble être main­te­nant de pas­ser de la révolte contre les consé­quences à l’analyse des causes. Après des décen­nies, voire des siècles, de matra­quage, un constat s’impose : il reste un peuple de France, « bien éle­vé », pour reprendre l’heureuse expres­sion de Gabrielle Clu­zel, peuple qui com­mence à se dire qu’il est diri­gé par des idéo­logues sec­taires déte­nant tous les pou­voirs et impo­sant une dic­ta­ture bâtie sur le men­songe. La prise de conscience est pour beau­coup bru­tale, mais por­teuse d’espérance.

- En ces temps de crise, l’achat de livres n’est-il pas un luxe, un super­flu ?

- Com­ment, en ces temps de crise certes éco­no­mique et finan­cière mais d’abord intel­lec­tuelle et morale, l’achat, et sur­tout la lec­ture, de bons livres pour­rait-elle être un luxe ? « Que le lec­teur sache lire et tout est sau­vé », écri­vait Charles Péguy. Que ces lec­tures soient – selon les dis­tinc­tions du père Ser­tillanges dans La vie intel­lec­tuelle – de fond, de tra­vail, d’édification ou de détente, elles nous mènent toutes plus loin que nous ne pour­rions aller seuls. Elles rendent acces­sibles à cha­cun d’entre nous les clés de la connais­sance ain­si for­mu­lées par Ber­nard de Chartres : « Nous sommes des nains per­chés sur des épaules de géants. » Lire, c’est accep­ter de se lais­ser sur­éle­ver par des maîtres qui nous enseignent, des témoins qui nous émeuvent, des acteurs qui nous entraînent pour ne pas res­ter au niveau de nos faibles capa­ci­tés. À l’occasion de la pro­jec­tion de l’admirable film de Patrick Buis­son sur Gus­tave Thi­bon, Il était une foi, j’ai redé­cou­vert dans ma biblio­thèque un ouvrage que cet auteur m’avait dédi­ca­cé le 17 avril 1975 à Brest… Inat­ten­due et émou­vante petite made­leine phi­lo­so­phique et mili­tante, plai­sir auquel nous pour­rons asso­cier, dans le temps, tous ceux à qui nous aurons offert un livre dédi­ca­cé.

- On évoque un concours sans pré­cé­dent d’auteurs pour cette 22e édi­tion. Atten­dez-vous aus­si un concours sans pré­cé­dent de cha­lands ?

- Le nombre d’auteurs ins­crits est effec­ti­ve­ment plus impor­tant que les années pré­cé­dentes. En ce qui concerne les cha­lands, cela dépen­dra de la pré­sence et de la mobi­li­sa­tion de tous nos amis, en pre­mier lieu les lec­teurs de Pré­sent qui pour­ront trou­ver sur place un stand de leur quo­ti­dien pré­fé­ré. Cette jour­née est aus­si un moment pri­vi­lé­gié d’échanges ami­caux et de ren­contres fami­liales. La célé­bra­tion de la messe à 11 heures par le Père Argouarc’h, de Riau­mont, la pos­si­bi­li­té de se res­tau­rer sur place ou d’apporter son pique-nique, une for­mule d’entrée spé­ciale pour les familles (15€) comme la pré­sence d’une gar­de­rie, doivent per­mettre au plus grand nombre de nous rejoindre pour cette jour­née d’amitié fran­çaise et d’espérance chré­tienne.

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