La face cachée de l’ONU

La Face cachée dont il est ques­tion, c’est le rà´le actif et mili­tant de l’ONU dans la mise en place d’un gou­ver­ne­ment mon­dial. La concep­tion anthro­po­cen­trique des droits de l’homme qui ins­pi­rait la Décla­ra­tion de 1948 a fait place à  une concep­tion dite holis­tique. L’homme n’est plus le centre et la fin de l’univers, il n’est plus qu’une par­tie d’un grand tout : la terre-mère-gaà¯a. Le mas­sacre des bébés phoques a plus d’importance que l’avortement d’embryons humains. Nous assis­tons à  une déi­fi­ca­tion de la terre et une désa­cra­li­sa­tion de l’homme.

Vers le gouvernement mondial

Si chaque homme est unique et chaque des­tin par­ti­cu­lier, la libre asso­cia­tion d’hommes sou­hai­tant mettre en œuvre le fruit d’un héri­tage com­mun et un pro­jet d’avenir com­mun de socié­té est à la fois natu­relle et légi­time : c’est la légi­ti­mi­té des États-nations. En revanche, si l’ultime impé­ra­tif est le main­tien d’un éco-sys­tème à l’échelle de la pla­nète, seul un gou­ver­ne­ment mon­dial pour­ra assu­mer cette res­pon­sa­bi­li­té. Ce pro­jet de gou­ver­ne­ment mon­dial dis­pose d’une jus­ti­fi­ca­tion intel­lec­tuelle et juri­dique avec la théo­rie de Kel­sen qui nie tout droit de la per­sonne anté­rieur au droit de l’État et a for­tio­ri de l’État mon­dial ; d’une arme vis-à-vis de l’opinion publique : la défense de l’environnement ; d’un outil poli­tique : l’ONU l’affirme clai­re­ment, par exemple dans le Rap­port de 1994 du Pro­gramme des Nations-Unies pour le Déve­lop­pe­ment : « Les pro­blèmes de l’humanité ne peuvent plus être réso­lus par les gou­ver­ne­ments natio­naux. Ce dont on a besoin, c’est d’un gou­ver­ne­ment mon­dial ».

Autre don­née essen­tielle de cette nou­velle anthro­po­lo­gie : il n’y a plus de valeur morale, de normes objec­tives com­munes à tous les hommes. La seule règle est le plai­sir indi­vi­duel que cha­cun satis­fait comme il veut. « Les normes ne sont ni vraies ni fausses ; elles sont seule­ment valables ou non valables » (H. Kel­sen). L’ONU met au ser­vice de cette idéo­lo­gie de for­mi­dables moyens de pro­pa­gande : confé­rence de Pékin avec 8.000 par­ti­ci­pants, Som­met de la terre à Rio…

L’auteur, prêtre et pro­fes­seur d’université, rap­pelle que seule l’Église catho­lique défend la véri­table digni­té de l’homme en par­ti­cu­lier envers la famille et le droit à la vie. On appré­cie­ra sa concep­tion tra­di­tion­nelle de la démo­cra­tie : « Lorsque la règle de la majo­ri­té cesse d’être une règle de fonc­tion­ne­ment, elle s’absolutise en quelque sorte et devient la source ultime du droit. » Les textes sont pré­sen­tés et ana­ly­sés avec beau­coup de juge­ment. L’auteur ne sous-estime pas l’adversaire : il démonte pièce par pièce les rouages de la machine tota­li­taire, met­tant en par­ti­cu­lier bien en évi­dence le rôle néfaste de l’Union euro­péenne.

Ce qui se passe en coulisse

Si l’on ne peut pas avoir la même véné­ra­tion que le père Schooyans pour la décla­ra­tion des Droits de l’homme de 1948, on ne lui sera que plus recon­nais­sant pour la qua­li­té excep­tion­nelle de son tra­vail. Il s’agit là d’un maître-livre pour com­prendre ce qui se passe dans les cou­lisses. Le constat est grave mais l’espérance chré­tienne est une réa­li­té vécue par l’auteur. Il nous montre qu’il est pos­sible d’enrayer la machine infer­nale comme ce fut le cas lors de la Confé­rence de Pékin en juin 2000 où des pro­jets sur les nou­veaux droits sexuels (homo­sexua­li­té) et la dépré­cia­tion de la famille tra­di­tion­nelle furent repous­sés à l’initiative du Saint-Siège et avec l’aide de pays musul­mans du Moyen Orient et d’Afrique. Ce qui reste de la chré­tien­té étant repré­sen­tée par l’Amérique latine et par la Pologne.

Dix huit cha­pitres pas­sion­nants, foi­son­nants d’informations, d’une saine doc­trine avec, comme cerise sur le gâteau : « Il était impen­sable que le car­di­nal Arinze signe une décla­ra­tion finale affir­mant que toutes les reli­gions se valent » (p. 106, à pro­pos du Som­met spé­cial sur la paix de l’été 2000).