La 19e Université d’été de Renaissance catholique : apprendre à servir la France

Une fois encore, l’université d’été de Renais­sance catho­lique du 11 au 14 juillet (la dix-neu­vième !) aura démen­ti la fameuse for­mule de La Bruyère selon laquelle « tout a été dit et l’on vient trop tard ». Dieu sait pour­tant si, sur ce thème de l’identité natio­nale, d’autres, proches ou moins proches, avaient déjà par­lé, dans le pas­sé comme dans le pré­sent. Et même Renais­sance catho­lique elle-même à tra­vers sa cin­quième (« Qui a peur du bap­tême de Clo­vis ? ») et sa quin­zième « UDT » (« La France doit-elle dis­pa­raître ? »)…

A proxi­mi­té du tom­beau de saint Mar­tin à Tours, dans le superbe cadre des salons de la Rey­nière (d’anciennes granges dîmaires), les deux cent per­sonnes stu­dieuses (dont une belle pro­por­tion de jeunes), qui avaient fait le dépla­ce­ment, n’auront pas été déçus par la qua­li­té, la com­plé­men­ta­ri­té et l’originalité des confé­rences pro­po­sées, tant dans le domaine de l’histoire (Jean Val­lier, Chris­tophe Dickès, Phi­lippe Conrad, Anne Ber­net, Hilaire de Cré­miers) que de la phi­lo­so­phie (Robot.jpg, Claude Rous­seau), que sur le ter­rain socio­lo­gique ou poli­tique (Michel de Jae­ghere, Jean-Yves Le Gal­lou, Hen­ry de Les­quen, Bru­no Goll­nisch), ou encore sur des sujets mixtes (avec Arnaud Jayr et les conclu­sions de Jean-Pierre Mau­gendre).

A moins d’en com­man­der les CD, il fau­dra désor­mais attendre la publi­ca­tion tou­jours bien­ve­nue des actes de cette uni­ver­si­té pour en mesu­rer la richesse plu­ri­dis­ci­pli­naire et la pro­fon­deur glo­bale, invi­tant à une réac­tion salu­taire pour être « ni laïques ni musul­mans », selon le titre réca­pi­tu­la­tif du nou­veau livre de votre ser­vi­teur sor­ti par Renais­sance catho­lique à cette occa­sion.

UDT_presentation_b.jpgCar l’Université d’été n’est pas seule­ment une aca­dé­mie intel­lec­tuelle, c’est aus­si une famille mili­tante, un lieu de ren­contre, un enga­ge­ment à l’action au-delà des cha­pelles. En témoignent les nom­breuses visites au comp­toir de Pré­sent, mani­fes­tant un réel sou­tien, une ami­tié au ser­vice du vrai, du bien, du beau. Les fameux « trans­cen­dan­taux » qui sont, comme on l’apprend en phi­lo­so­phie, conver­tibles dans l’être. C’est pour­quoi, en défen­dant réso­lu­ment une concep­tion incar­née de l’identité natio­nale, les ani­ma­teurs de cette UDT avaient aus­si deman­dé à Marie Fran­çoise Ous­set d’animer une soi­rée avec pro­jec­tion de pho­tos emme­nant à la décou­verte de l’âme de la France à tra­vers les beau­tés de son patri­moine artis­tique et cultu­rel. Selon, pré­ci­sé­ment, la méthode « apprendre à voir » mise au point par son père, le regret­té Jean Ous­set, aux côtés d’autres modes d’action et d’apprentissages plus intel­lec­tuels ou rele­vant de l’empirisme orga­ni­sa­teur.

De la même façon, la jeune artiste Mi-Young Lee revint don­ner cette année un réci­tal de pia­no très riche et révé­la­teur. Et puis, il y eut bien sûr, outre la visite du vieux Tours (avec la cathé­drale Saint-Gatien) et du châ­teau de Lan­geais, le pèle­ri­nage sur le tom­beau de saint Mar­tin, l’apôtre des Gaules, avec visite de la basi­lique. l'abbé LecarreuxLa dimen­sion spi­ri­tuelle est, en effet, insé­pa­rable de l’identité fran­çaise et elle s’exprimait ici à l’université par la pré­sence d’un cer­tain nombre de prêtres amis (l’abbé Lecar­reux, le P. Jean-Noël de Méri­gny, l’abbé Mer­ly de l’Institut du Christ-Roi, l’abbé Cot­tard de la Fra­ter­ni­té sacer­do­tale Saint-Pie X) célé­brant chaque jour la messe tri­den­tine. Bref, cette dix-neu­vième uni­ver­si­té d’été de Renais­sance catho­lique fut, dans son genre spé­ci­fique main­te­nant par­fai­te­ment éta­bli, une manière intel­li­gente d’apprendre à connaître, aimer et ser­vir la France.

Rémi Fon­taine

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