Jacques Heers (1924–2013)

Notre ami Jacques Heers nous a quit­tés le 10 jan­vier. Ce grand his­to­rien du Moyen à‚ge était un esprit libre et d’une immense gen­tillesse. Quelques élé­ments bio­gra­phiques.


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Ayant com­men­cé sa car­rière comme ins­ti­tu­teur, il l’avait ache­vée comme agré­gé d’histoire, doc­teur d’État en His­toire et direc­teur des études médié­vales à l’Université de Paris IV – La Sor­bonne. Élève de Fer­nand Brau­del, spé­cia­liste de la fin du Moyen ge, sa thèse d’État por­tait sur Gênes au XVe siècle. Il s’était fait connaître du grand public par des tra­vaux très à rebours de l’historiquement cor­rect : auteur d’une tren­taine d’ouvrages his­to­riques, il remet­tait en par­ti­cu­lier en cause le mythe selon lequel la Renais­sance aurait mar­qué un pro­grès signi­fi­ca­tif par rap­port à la période pré­cé­dente, les « dark ages » chers à cer­tains his­to­riens anglo-saxons. Dans son célèbre ouvrage Le Moyen ge, une impos­ture (Per­rin, 1992) il avait démon­tré com­ment cette légende d’une époque obs­cu­ran­tiste avait été our­die dès le XVIIIe siècle et savam­ment orches­trée par les révo­lu­tion­naires de 1789 et leurs suc­ces­seurs de l’école laïque publique et obli­ga­toire, un siècle plus tard. Il avait par­ti­cu­liè­re­ment déve­lop­pé ce thème de la mani­pu­la­tion de l’Histoire dans L’Histoire assas­si­née. Les pièges de la mémoire (Édi­tions de Paris, 2005) où il s’était atta­ché à réta­blir la véri­té his­to­rique face aux tenants de l’histoire citoyenne, arme poli­tique au ser­vice de l’asservissement des peuples.

Cet esprit libre avait tenu à appor­ter sa pierre à la résis­tance au for­mi­dable condi­tion­ne­ment média­tique et poli­tique dont nous sommes en per­ma­nence l’objet, invi­tés à ne jamais tarir d’éloges sur l’Islam, reli­gion de paix et d’amour. Il avait ain­si rap­pe­lé des véri­tés bien oubliées, ou occul­tées, sur l’esclavage en terre d’Islam dans ses ouvrages Les Bar­ba­resques (Per­rin, 2001) et Les négriers en terres d’Islam (Per­rin, 2003).

Homme d’une grande culture et d’une immense gen­tillesse, il nous avait à plu­sieurs reprises hono­rés de sa pré­sence lors de nos Fêtes du livre et nos Uni­ver­si­tés d’été. Abon­né fidèle de notre revue, Jacques Heers avait lar­ge­ment contri­bué éga­le­ment à l’élaboration du Manuel d’Histoire de France publié en 2011 par l’Œuvre sco­laire Saint-Nico­las. Il lui avait alors accor­dé une très belle pré­face ani­mée par un amour ardent de la France et de son his­toire.

Contri­bu­tions de Jacques Heers aux uni­ver­si­tés d’été de Renais­sance Catho­lique :

Une croix sur le Nou­veau Monde (1992) :
« Chris­tophe Colomb, mer­ce­naire ou croi­sé », 19 € fran­co de port

Le Glaive et la croix (1994) :
« L’Église et les deux glaives » (épui­sé)

La Croix et le crois­sant (1995) :
« Prendre la croix, che­va­liers, moines et pauvres gens », 24 € fran­co de port

La repen­tance. Pour­quoi nous ne deman­dons pas par­don (1999) :
« L’Église contre la morale : le cas des Bor­gia », 35 € fran­co de port