Intervention de Jean-Pierre Maugendre

Qu’il me soit d’abord per­mis de remer­cier cha­leu­reu­se­ment, en votre nom, M. le rec­teur Laver­ton pour la cha­ri­té et la cor­dia­li­té de son accueil.

Pou­vait-il exis­ter lieu plus adap­té à l’arrivée de notre Marche de prière que cette basi­lique de Mont­martre dédiée au Sacré-Cœur de Jésus ? Il est pro­bable que non. C’est en effet à des heures bien sombres de notre his­toire, à l’issue d’un désastre mili­taire, face à l’Allemagne, que fut prise la réso­lu­tion de construire cette basi­lique. Le vœu natio­nal de jan­vier 1871, ini­tié par M. Legen­til prend acte de la situa­tion dra­ma­tique de la France : « En pré­sence des mal­heurs qui déso­lent la France et des mal­heurs plus grands peut-être qui la menacent encore, écrit-il, nous recon­nais­sons que nous avons été cou­pables et jus­te­ment châ­tiés. Et pour faire amende hono­rable de nos péchés et obte­nir de l’infinie misé­ri­corde du Sacré-Cœur de Notre Sei­gneur Jésus-Christ le par­don de nos fautes ain­si que les secours extra­or­di­naires qui peuvent seuls (…) faire ces­ser les mal­heurs de la France nous pro­met­tons de contri­buer à l’érection à Paris d’un sanc­tuaire dédié au Sacré-Cœur de Jésus ». Voi­ci l’origine de la basi­lique dans laquelle nous nous trou­vons aujourd’hui et le sens de la for­mule qui sur­monte le chœur : Au cœur sacré de Jésus la France péni­tente et consa­crée.mplvf2012_114-2.jpgDepuis un siècle et demi les mal­heurs de la France n’ont fait que croître. Des com­por­te­ments que n’auraient jamais osé ima­gi­ner dans leurs pires cau­che­mars les contem­po­rains de M. Legen­til sont aujourd’hui bana­li­sés et encou­ra­gés par la puis­sance publique. L’avortement, la contra­cep­tion, le divorce, l’euthanasie, le tri embryon­naire, les mani­pu­la­tions géné­tiques… se sont bana­li­sés. Le mariage lui-même est mena­cé niant la com­plé­men­ta­ri­té des sexes vou­lue par Dieu.

Face à cela notre pré­sence dans cette basi­lique mani­feste publi­que­ment que nous savons qu’un peuple cou­ché, pour se rele­ver, doit d’abord se mettre à genoux aux pieds de Son Créa­teur et Rédemp­teur confiant le pas­sé à Sa misé­ri­corde et l’avenir à Sa Pro­vi­dence. Chaque jour il est plus évident, dans notre com­bat pour la vie et la famille, que nous ne lut­tons pas que contre la chair et le sang mais contre celui qui a juré de détruire l’œuvre de Dieu et tout par­ti­cu­liè­re­ment l’homme créé à l’image de Dieu. Cer­tains s’interrogent, en vain, sur la folie sui­ci­daire qui semble ani­mer nos socié­tés. Leurs yeux ne ver­ront la lumière qu’après avoir com­pris que le Prince de ce Monde le mène volon­tai­re­ment à la ruine ani­mé par la rage que soit réduit le nombre des Élus.

mplvf2012_062.resized-2.jpgMais nous savons aus­si qu’il est néces­saire de faire nôtre la réflexion d’Ernest Psi­cha­ri à la veille de s’offrir en holo­causte pour le salut de la France, en 1914 : « Il me sem­blait qu’une bataille mêlée de prières devait être la plus haute action humaine, et le point de jonc­tion où nous pou­vons atteindre l’infini ». Des­cen­dus de cette mon­tagne sainte dans la val­lée des larmes, l’heure sera au com­bat sous toutes ses formes en par­ti­cu­lier contre les pro­jets de loi qui visent à déna­tu­rer la sainte ins­ti­tu­tion du mariage : fidé­li­té et témoi­gnage per­son­nels, action auprès des élus, signa­ture de péti­tions, par­ti­ci­pa­tion à des mani­fes­ta­tions comme celle orga­ni­sée par l’Institut Civi­tas, le 18 novembre pro­chain, pré­pa­ra­tion à la résis­tance civique et à l’objection de conscience etc. afin de tout sim­ple­ment res­ter fidèles à la loi de Dieu et à son plan d’amour sur nous. À l’heure du décou­ra­ge­ment nous nous sou­vien­drons de notre pré­sence en ce lieu et pen­sant à tous les saints qui ont aimé la France, avec le saint pape Pie X, nous nous répè­te­rons : « Les fautes ne res­te­ront pas impu­nies mais elle ne péri­ra jamais la fille de tant de mérites, de tant de sou­pirs et de tant de larmes ».

mplvf2012_070.resized-2.jpgC’est ani­més de cette indé­fec­tible espé­rance, qu’après notre Marche de prière qu’il faut plu­tôt conce­voir comme une veillée d’armes, l’heure est plus que jamais au com­bat dans la cité pour qu’enfin Jésus-Christ règne sur les socié­tés comme il doit régner sur nos cœurs, nos intel­li­gences et nos volon­tés.

Cœur-Sacré de Jésus que votre règne arrive !

Cœur-Sacré de Jésus sau­vez la France !

Cœur-Sacré de Jésus nous avons confiance en vous !

Jean-Pierre Mau­gendre,

pré­sident de Renais­sance Catho­lique


Source des pho­tos

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