Historique de l’abbaye de Pontlevoy (Loir-et-Cher)

On trouve trace des ancêtres de Guel­din de Chau­mont, fon­da­teur de l’abbaye de Pont­le­voy dans la val­lée de la Loire, dès l’an 854, à l’époque où les Nor­mands enva­hissent la région et mettent en place un régime féo­dal. C’est en 1011, de retour de croi­sade, que le navire à bord duquel se trouve Guel­din est pris dans une ter­rible tem­pête en Médi­ter­ra­née. Crai­gnant pour sa vie, notre homme se jette à genoux et invoque la pro­tec­tion de la Vierge Marie, lui pro­met­tant de faire bâtir une cha­pelle en son hon­neur dès son retour en ses terres. Vêtue de blanc, la Mère du Dieu de Misé­ri­corde lui appa­raît alors dans le ciel et, apai­sant la tem­pête, l’arrache à une mort cer­taine. Guel­din de Chau­mont regagne Pont­le­voy sain et sauf.

Gueldin de Chaumont

La recon­nais­sance étant pour Guel­din de Chau­mont un devoir –comme il le relate en juillet 1034 : “En plu­sieurs endroits des livres sacrés, il est dit que c’est un acte de grande pré­voyance pour l’avenir, à un catho­lique tou­ché d’une com­ponc­tion exci­tée en lui par la grâce divine, de don­ner quelque par­tie de ses pos­ses­sions à notre Sainte Mère l’Église pour l’exercice du culte sacré. Ain­si donc, moi Guel­din, che­va­lier voué à la pro­fes­sion des armes (…), afin d’obtenir le par­don de mes péchés et d’obtenir le bon­heur éter­nel, je donne par ces pieux motifs, à l’Église notre Mère (…), une par­tie de mes pos­ses­sions, quoique ce ne soit pas aus­si consi­dé­rable que je devrais”–, il fait éri­ger une cha­pelle, Notre-Dame des Blanches, pre­mière construc­tion de l’abbaye qu’il confie aux béné­dic­tins. En 1264, un ter­rible incen­die ravage une par­tie de l’abbaye, dont la biblio­thèque, consi­dé­rée alors comme une des plus grandes et des plus riches de France. Après diverses vicis­si­tudes, dues à la guerre de Cent Ans, puis aux Guerres de Reli­gion, l’abbaye est confiée, en 1631, aux moines béné­dic­tins réfor­mistes de Saint-Maur, les­quels rénovent la cha­pelle dans le style baroque qu’on lui connaît aujourd’hui avant de créer, en 1644, un éta­blis­se­ment d’enseignement qui contri­bue­ra à la célé­bri­té de Pont­le­voy. En 1776, par décret du roi Louis XVI, l’abbaye devient École royale mili­taire, offrant une for­ma­tion tant civile que mili­taire aux bour­siers de petite noblesse choi­sis par le roi, avant de deve­nir –Révo­lu­tion oblige– École mili­taire natio­nale.

école royale militaire puis école de conduite

En 1918, l’armée amé­ri­caine uti­lise l’abbaye comme centre de pre­miers secours tan­dis que durant la Deuxième Guerre mon­diale de nom­breux sol­dats fran­çais y trouvent abri avant que l’armée alle­mande n’incendie une par­tie des bâti­ments. En 1972, s’ouvre une école de conduite de poids lourds… Aujourd’hui, l’abbaye gérée par l’Eur-Am Cen­ter –éma­na­tion de l’université du Mis­sis­si­pi– est deve­nue, après res­tau­ra­tion, un lieu d’études et de récep­tion. Superbe témoin de la gran­deur fran­çaise et chré­tienne, l’abbaye de Pont­le­voy n’est-elle pas, chers amis, un lieu idéal où nous retrou­ver afin de résis­ter aux sirènes du mon­dia­lisme ? Ren­dez-vous est pris !

Jacques Le Minor
Publié dans Renais­sance Catho­lique n° 106

pho­to : Guillaume Dave­luy

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