Fête du livre de Renaissance Catholique

Q- La 23e fête du Livre ras­semble quelques confé­ren­ciers de pres­tige : Mgr Schnei­der, Eric Zem­mour, Phi­lippe de Vil­liers… Com­ment réunit-on un tel « pla­teau » ?

R- Il me semble que la réus­site repose sur plu­sieurs élé­ments. Tout d’abord il faut connaître avant l’été les livres qui paraî­tront à l’automne et prendre dès ce moment contact avec leurs auteurs et édi­teurs. Ensuite nous béné­fi­cions d’une noto­rié­té liée à l’ancienneté de notre fête du livre, à sa fré­quen­ta­tion et au cli­mat géné­ral qui y règne. En effet il ne s’agit pas uni­que­ment d’une usine à vendre des livres mais d’une jour­née que nous sou­hai­tons fami­liale et convi­viale avec la pos­si­bi­li­té d’assister à la messe et de se res­tau­rer sur place dans l’amitié fran­çaise et l’espérance chré­tienne. Notons qu’à par­tir de 14h est ouverte une gar­de­rie afin de faci­li­ter l’accès des familles qui béné­fi­cient éga­le­ment d’un for­fait d’entrée fami­lial à 15€.

Q- Qu’ont en com­mun la cen­taine d’auteurs très divers qui signent leurs livres à la Fête du Livre ?

R- Tous nous semblent par­ti­ci­per, selon des moda­li­tés diverses, à l’œuvre de réforme intel­lec­tuelle et morale à laquelle nous sommes atta­chés, ce qui n’exclut pas qu’une large place soit éga­le­ment faite aux livres pour enfants et aux lec­tures récréa­tives. Très concrè­te­ment les ouvrages des auteurs pré­sents repré­sentent 450 titres dif­fé­rents et 4 500 exem­plaires, la librai­rie géné­rale 160 titres et 1 000 exem­plaires, la librai­rie Jeu­nesse 300 titres et 1 500 exem­plaires. A cela il convient d’adjoindre une librai­rie d’occasion.Q- La fête de Renais­sance catho­lique est, avec la Jour­née de la Cour­toi­sie et les Jour­nées chouannes, l’un des grands évé­ne­ments lit­té­raires et de dif­fu­sion de livres de notre famille d’esprit de l’année. Quelle est la par­ti­cu­la­ri­té de votre jour­née ?

R- Il est tou­jours dif­fi­cile, et par­fois pré­ten­tieux, de se com­pa­rer aux autres. Radio Cour­toi­sie est la radio de « toutes les droites ». Ce n’est pas notre posi­tion­ne­ment. Nous nous sen­tons bien peu d’affinités avec une droite néo païenne pour laquelle le Christ est un dan­ge­reux agi­ta­teur gau­chiste pas plus que nous n’avons de com­plai­sances envers une droite libé­rale pour qui l’avortement est l’horizon indé­pas­sable de la libé­ra­tion de la femme. Nos auteurs sont unis, me semble-il, dans la diver­si­té des sujets qu’ils abordent, par un com­mun amour de la France, de son his­toire et de ses tra­di­tions et donc par la recon­nais­sance de ce que notre pays doit au chris­tia­nisme. Au-delà des quelques « vedettes » que vous avez men­tion­nées je sou­hai­te­rais rendre hom­mage aux autres auteurs pré­sents, plus obs­curs ou éga­le­ment illustres, qui donnent son rayon­ne­ment à notre évé­ne­ment et contri­buent, cha­cun à leur place, à faire connaître le vrai, admi­rer le beau et pra­ti­quer le bien.
Concer­nant la Jour­née chouanne je ne suis pas cer­tain que les orga­ni­sa­teurs et le public accep­te­raient de par­ti­ci­per à une messe célé­brée selon la forme extra­or­di­naire par Mgr Schnei­der, évêque auxi­liaire d’Astana au Kaza­khs­tan, ni d’écouter une confé­rence pro­non­cée par Eric Zem­mour qui s’il par­tage notre amour de la France ne par­tage pas notre foi.

Q- En tant qu’organisateur d’une fête du livre, consta­tez-vous que les jeunes ne lisent plus, ou est-ce une idée fausse ?

R- Je crains qu’effectivement il ne s’agisse pas d’une idée fausse. Les jeunes géné­ra­tions lisent moins que leurs parents qui déjà eux-mêmes regar­daient trop la télé­vi­sion. Le temps de lec­ture des jeunes, et des moins jeunes, est vam­pi­ri­sé par l’usage et la consul­ta­tion abu­sive d’internet. Tout le monde l’observe autour de soi. Des esprits super­fi­ciels s’imaginent avoir des clar­tés de tout parce qu’ils zappent, ou butinent, de site en site. Inca­pable de se concen­trer, de prendre de la hau­teur et du recul, l’esprit humain est ain­si empor­té par les tour­billons de la mode, sub­mer­gé par les flots de l’émotivité, bal­lot­té au gré des vents domi­nants de l’instant pré­sent.
Que pen­se­rait Vol­taire de notre époque, lui qui écri­vait : « Celui qui lit sans crayon à la main dort. » Aujourd’hui les zap­peurs exclu­sifs ne se contentent pas de dor­mir, ils ronflent bruyam­ment.
Dans son pré­cieux ouvrage Les déshé­ri­tés ou l’urgence de trans­mettre Fran­çois-Xavier Bel­la­my rap­pelle fort oppor­tu­né­ment qu’en latin le même mot : « liber » signi­fie à la fois l’adjectif qua­li­fi­ca­tif libre et le sub­stan­tif livre. Le livre n’est pas arme d’oppression ou pen­sum abru­tis­sant mais ins­tru­ment de liber­té. Pour vivre libre lisez !

Jean-Pierre Mau­gendre

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