Faut-il être islamophobe ?

L’épuration reli­gieuse dont sont vic­times les chré­tiens de Syrie et d’Irak sus­cite une très légi­time indi­gna­tion, néan­moins bien mesu­rée par rap­port aux cris d’orfraies de la « com­mu­nau­té inter­na­tio­nale » et aux mesures de rétor­sion prises contre la Rus­sie enga­gée dans l’imbroglio ukrai­nien. Si l’Arabie Saou­dite est aujourd’hui un pays dont les citoyens sont una­ni­me­ment musul­mans c’est parce que, depuis la nais­sance de l’islam, les tri­bus juives ou chré­tiennes alors ins­tal­lées dans la pénin­sule ara­bique ont été soit conver­ties de force, soit mas­sa­crées, soit expul­sées, ce qui est exac­te­ment le pro­gramme prô­né aujourd’hui par les isla­mistes de l’EIIL (État isla­mique en Irak et au Levant). La situa­tion est iden­tique en Tur­quie où furent exter­mi­nés au début du XXe siècle plus d’un mil­lion d’Arméniens et de Grecs.

Que faire face à l’islamisme ?

Face à ce déchaî­ne­ment de vio­lence deux atti­tudes se font jour. Il y a tout d’abord ceux qui expliquent que l’islamisme n’a rien à voir avec l’islam. Des spé­cia­listes aus­si renom­més pour leurs connais­sances reli­gieuses que Fran­çois Hol­lande, Laurent Fabius et David Came­ron dénient ain­si à l’EIIL le droit de se pro­cla­mer « isla­mique. » L’islam, ils savent, eux, ce que c’est et ce n’est pas ce que l’on pour­rait croire à l’écoute des témoi­gnages par­ve­nus de Mos­soul ou de Fal­lou­ja. D’autres en appellent à une nou­velle croi­sade, tous unis contre l’islam sun­nite ou plu­tôt uni­que­ment sa ver­sion méso­po­ta­mienne car il n’est pas ques­tion de mettre en cause le Qatar ou l’Arabie Saou­dite qui, grâce aux États-Unis, contrôlent une part non négli­geable de nos appro­vi­sion­ne­ments en gaz et en pétrole et, à cause des erre­ments de notre poli­tique, détiennent une par­tie de notre dette publique par le biais de fonds sou­ve­rains, ce qui se paie tou­jours à un moment ou un autre.

Ground_Zero_Mosque_Protesters_11-david-shankbone.jpgSelon le célèbre juriste Carl Schmitt (1888–1985), toute puis­sance a besoin de se dési­gner un enne­mi prin­ci­pal et de concen­trer ses attaques contre lui. C’est l’application de ce prin­cipe qui a per­mis à Sta­line de faire main basse sur toute l’Europe orien­tale à l’issue de la seconde guerre mon­diale. Est-il incon­gru de rap­pe­ler que le pape Pie XII ne sou­hai­ta s’associer ni à la croi­sade anti­bol­che­vique ni à celle des démo­cra­ties ?

Il est à craindre que l’Islam ne soit effec­ti­ve­ment le « com­mu­nisme du XXIe siècle » comme, selon Jules Mon­ne­rot (1908–1995), le com­mu­nisme fut « l’Islam du XXe siècle ». C’est-à-dire un sys­tème tota­li­taire, bru­tal, à voca­tion de domi­na­tion uni­ver­selle, oscil­lant sans cesse entre fata­lisme quand il est domi­né et fana­tisme quand il est en posi­tion domi­nante.

Réduire l’influence de l’islam en France

Face à cette menace, un mini­mum de cohé­rence intel­lec­tuelle et pra­tique semble néces­saire pour évi­ter de labou­rer la mer et évi­ter de nou­veaux drames. Il est ain­si d’une urgence aigüe de réduire le poids de l’Islam en France. Envoyer des troupes tra­quer l’islamiste au Mali ou en Irak mais lais­ser les ins­pi­ra­teurs de ces com­por­te­ments dif­fu­ser libre­ment leur pro­pa­gande chez nous est un non-sens abso­lu. Lais­ser ouvrir une mos­quée sous contrôle waha­bite ou sala­fiste en France, c’est pré­pa­rer les dji­ha­distes de demain au Moyen-Orient ou en Europe. Contrai­re­ment à ce qu’écrit M. Jup­pé dans Valeurs Actuelles (n° 4059), l’islam n’est pas « une reli­gion de France. » Il est une reli­gion conqué­rante, d’implantation très récente sur notre ter­ri­toire natio­nal, tota­le­ment étran­gère non pas à d’aussi impré­cises qu’obsédantes (du moins dans le dis­cours offi­ciel) « valeurs de la Répu­blique », mais à notre civi­li­sa­tion et à nos tra­di­tions. À cet égard nous sommes dans une rela­tion de rap­port de force avec cette reli­gion qui, objec­ti­ve­ment, œuvre, par des moyens détour­nés selon les cir­cons­tances, à la des­truc­tion de notre civi­li­sa­tion. Cela ne signi­fie pas, bien sûr, que chaque musul­man est un enne­mi effec­tif : néan­moins un musul­man ne peut s’intégrer pai­si­ble­ment dans la socié­té fran­çaise que s’il accepte, de bon ou de mau­vais gré, une dis­tan­cia­tion avec les pré­ceptes de sa reli­gion qui doit rede­ve­nir une affaire pure­ment pri­vée, sans mani­fes­ta­tions exté­rieures, sou­vent osten­ta­toires, qui sont vécues par les uns comme des défis et par les autres comme des pro­vo­ca­tions.

Cette lutte déter­mi­née contre l’islam n’est cepen­dant pas un blanc-seing accor­dé à son enne­mi prio­ri­taire, du moins offi­ciel : les États-Unis d’Amérique et leur pro­té­gé au Moyen-Orient l’État d’Israël. Le mon­dia­lisme consu­mé­ro-liber­taire et l’islamisme théo­cra­ti­co-ter­ro­riste sont les deux mâchoires d’une même tenaille qui s’efforce d’arracher leur iden­ti­té aux peuples jadis chré­tiens. L’alliance ancienne des États-Unis avec l’Arabie Saou­dite, l’aide de la CIA aux réseaux Ben Laden, le sou­tien constant des intel­lec­tuels cos­mo­po­lites à l’arrivée sur notre ter­ri­toire natio­nal de popu­la­tions musul­manes, etc. peuvent conduire à s’interroger sur l’existence, ou non, d’une « téné­breuse alliance » entre ces deux idéo­lo­gies unies dans une com­mune détes­ta­tion des iden­ti­tés natio­nales et chré­tiennes. Y a-t-il vrai­ment une dif­fé­rence d’horreur entre un avor­te­ment par aspi­ra­tion ou par injec­tion saline et une déca­pi­ta­tion au cou­teau ?

Saint Gré­goire de Nysse (335–394) ensei­gnait déjà que : « Le juste milieu c’est le che­min des crêtes. » Tous les théo­ri­ciens de la guerre savent qu’il faut évi­ter par-des­sus tout d’avoir à mener une guerre sur deux fronts. Tout cela est vrai. Que l’acuité du dan­ger isla­miste à com­battre ne nous fasse cepen­dant pas perdre de vue que nos socié­tés sont d’abord ron­gées de l’intérieur par des idéo­lo­gies fausses qui, en affai­blis­sant nos iden­ti­tés, créent un appel d’air dans lequel s’engouffre l’islam mili­tant. Ce sont les hommes et non les pierres qui font la force des rem­parts de la cité !

Jean-Pierre Mau­gendre

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1 réponse

  1. jean dufour dit :

    Faut-il être isla­mo­phobe ?
    J’apprécie tou­jours les articles de Jean-Pierre Mau­gendre mais son éditorial inti­tulé faut-il être isla­mo­phobe ? com­porte une erreur sur les rai­sons du développement de l’islam,de la sol­li­ci­tude et de la mansuétude dont il est l’objet de la part de nos diri­geants et de sa pro­mo­tion par les mêmes qui ont pro­mu le com­mu­nisme lors du der­nier siècle.
    En effet il parle du sou­tien des intel­lec­tuels cos­mo­po­lites et comme il faut appe­ler un chat un chat il s’agit dans sa pensée des intel­lec­tuels juifs.
    Or l’erreur est là : que ces intel­lec­tuels soient juifs n’est pas impor­tant, ce qui compte c’est que ces intel­lec­tuels juifs sont francs-maçon,leur judéïté n’est pour rien dans leur idéologie pas plus que dans leur accès aux postes de pou­voir dans le monde qu’ils tiennent comme les non juifs de leur adhésion à la secte secrète.
    La tare de la droite française est de tom­ber dans le piège ten­du par la franc-maçonnerie pour nous faire prendre des ves­sies pour des lan­ternes et ne voir dans ces tenants de l’idéologie mon­dia­liste que des juifs alors qu’il faut y voir des francs-maçons ; il est en effet plus facile de stig­ma­ti­ser un antisémite qu’un anti-franc-maçon.Ce stratagème les met à l’abri à bon compte et leur per­met d’opérer sans sou­ci dans les ténèbres.
    Quand les chrétiens, en par­ti­cu­lier, ces­se­ront d’être cultu­rel­le­ment antisémites,un grand pas sera fait pour dénoncer les abus et les tur­pi­tudes de l’oligarchie maf­fieuse qui dirige la planète depuis la révolution française, à savoir la franc-maçonnerie dans ses loges supérieures avec la com­pli­cité des gogos des loges de base.Les juifs en tant que tels n’y sont pour rien.Quant à leur pays,je rap­pel­le­rai que l’ange a dit à Joseph alors en Egypte : prends l’enfant et sa mère et revient au pays d’Israël ( Mat­thieu 2, 19)la pales­tine n’existait pas à l’époque ; Israël est donc leur pays à eux donné irrévocablement par Dieu et il est nor­mal qu’il le défendent avec les appuis qu’ils peuvent trou­ver.
    Bien cor­dia­le­ment.
    Jean Dufour