Enquête sur la révolution des valeurs

Vincent Tré­mo­let de Vil­lers sera pré­sent à  la Fête du Livre de Renais­sance Catho­lique, le 8 décembre pro­chain à  Grand’Maisons (78450 – Vil­le­preux).

En pré­pa­ra­tion à  cette dédi­cace, nous l’avons inter­ro­gé sur le livre qu’il vient d’écrire avec Raphaà«l Stain­ville Et la France se réveilla et lui avons deman­dé d’inviter à  sa manière un large public à  venir le ren­con­trer et pour­suivre cet entre­tien lors de cette 22ème Fête du Livre.

Nous remer­cions le rédac­teur en chef du Figa­ro Hors-Série et du Figa­ro His­toire, de s’être plié à  cet exer­cice.


Renais­sance Catho­lique : Pour­quoi avoir écrit ce livre ? (1)

Vincent Tré­mo­let de Vil­lers : Il y a quand même eu en France un an de mani­fes­ta­tions monstres, de vagues de dra­peaux, d’actions ciblées, de hap­pe­nings per­ma­nents, de nuages de fumi­gènes et de gaz lacry­mo­gènes, de torses nus et de masques blancs, de sou­rires de Marianne, de veillées à la bou­gie et de cache-cache avec la police. Il fau­drait des années, un col­lège de socio­logues et un édi­teur patient pour sai­sir dans toutes ses nuances et sa com­plexi­té le phé­no­mène Manif Pour Tous. Nous n’avons pas cette pré­ten­tion. Notre vue est for­cé­ment frag­men­taire ou réduc­trice. Nous n’avons pas cher­ché à tout dire, mais nous avons vou­lu mettre ce mou­ve­ment en pers­pec­tive avec cer­tains évè­ne­ments poli­tiques qui l’ont pré­cé­dé. Nous avons recueilli des frag­ments qui laissent ça et là des trous et des blancs mais per­mettent à l’esprit de recom­po­ser une large par­tie de la fresque. Comme ce mou­ve­ment a repo­sé sur des indi­vi­dus fan­tasques et fra­giles, des situa­tions incer­taines, des coups de pouce du des­tin impos­sibles à anti­ci­per, nous avons ren­con­tré les dif­fé­rents pro­ta­go­nistes pour ten­ter de com­prendre cette mys­té­rieuse alchi­mie. Nous avons vou­lu connaître aus­si le point des vues sur ce mou­ve­ment des par­ti­sans de la loi Tau­bi­ra. Nous avons inter­ro­gé les plus jeunes pour essayer d’imaginer quelles consé­quences La Manif Pour Tous peut avoir à moyen terme sur la socié­té fran­çaise. « Peindre, c’est choi­sir » a dit Rem­brandt. Nous avons choi­si en toute sub­jec­ti­vi­té cer­tains jours clés, en sachant que d’autres seraient sacri­fiés. Nous avons alter­né l’anecdote, l’analyse, le por­trait, la petite his­toire et les mou­ve­ments plus pro­fonds, parce que le hasard est le meilleur des roman­ciers, et la vie un savant désordre. Par­fois sans pré­ve­nir, elle met les fleuves en crue et les foules immenses dans la rue. On croise donc dans notre ouvrage le Car­di­nal Vingt-Trois, Fri­gide Bar­jot, Tug­dual Der­ville, Patrick Buis­son, Ludo­vine de la Rochère, Pierre Ber­gé, Manuel Valls, Chris­tiane Tau­bi­ra… On assiste la nais­sance de La Manif Pour Tous, aux débats par­le­men­taires, aux pre­mières veillées. On sou­ligne la nou­velle influence des réseaux sociaux, des blogs comme le Salon Beige, de Face­book, de Twit­ter… Le livre compte deux grandes par­ties. Un récit : nous avons vou­lu racon­ter le mieux pos­sible ces quelques mois un peu fou où une France inso­lente a su affron­ter un pou­voir hau­tain. Dans la deuxième par­tie de l’ouvrage, nous éta­blis­sons un bilan plus thé­ma­tique.

RC : Quel a été l’accueil de ses pre­miers lec­teurs et com­men­ta­teurs ?

Vincent Tré­mo­let de Vil­lers : Appa­rem­ment, beau­coup de lec­teurs ont appré­cié le ton du livre et son par­ti pris déli­bé­ré­ment jour­na­lis­tique. Les échos et ce qu’on appelle le bouche à oreille sont très bons. Vous pour­rez me répondre que les lec­teurs mécon­tents ne vont pas venir nous le dire en face, mais pour le moment ceux qui ont ache­té ce petit livre rouge n’ont pas deman­dé à être rem­bour­sé. Dans la presse, nous avons béné­fi­cié d’une belle expo­si­tion puisque de nom­breux jour­naux se sont inté­res­sés au livre. À lire leur papier, un cer­tain nombre d’éditorialistes y ont trou­vé de quoi nour­rir leur réflexion. On pour­rait citer Éric Zem­mour dans Le Figa­ro, Éric Bran­ca dans Valeurs Actuelles, Gérard Leclerc dans France Catho­lique, Phi­lippe Maxence dans L’Homme Nou­veau. Les acteurs du mou­ve­ment, ou les par­ti­sans de la loi que nous avons croi­sés depuis, ont recon­nu de notre part un sou­ci d’honnêteté et de bien­veillance. Nous avons reçu aus­si quelques lettres pri­vées très encou­ra­geantes.

RC : Quelles leçons les par­ti­ci­pants de notre Fête du Livre qui vien­dront vous écou­ter le 8 décembre peuvent déjà tirer de ce livre ?

Vincent Tré­mo­let de Vil­lers : Je crois qu’il y a deux écueils à évi­ter. Le pre­mier serait de cher­cher dans cet ouvrage de quoi nour­rir une nos­tal­gie auto satis­faite. Un album-pho­to sur une défaite glo­rieuse. Le second serait de le confondre avec une boule de cris­tal et d’y cher­cher l’avenir, ce qui va se pas­ser, com­ment La Manif Pour Tous va réap­pa­raître… Notre livre n’a pas ces pré­ten­tions, c’est un récit, non un trai­té ni un mani­feste. Nous avons vrai­ment vou­lu faire notre tra­vail de jour­na­liste en rap­por­tant les évè­ne­ments, en les ana­ly­sant, en les hié­rar­chi­sant. Ce n’est donc pas un album pho­to même si l’on y voit flot­ter des dra­peaux, briller des bou­gies, chan­ter la jeu­nesse et cou­rir les CRS ; ce n’est pas non plus une boule de cris­tal, même si nous y fai­sons les comptes pour l’Église, les par­tis poli­tiques, la socié­té fran­çaise après cette bataille que per­sonne n’attendait. Ce livre raconte sim­ple­ment une his­toire aus­si cap­ti­vante qu’un roman. Il décrit aus­si les pers­pec­tives qui par­tout se des­sinent après cette immense contes­ta­tion.

(1) Et la France se réveilla, édi­tions du Tou­can, 288 pages, 18 €


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