Dominique Venner (1935–2013)

« Le sang qui a cou­lé n’est jamais qu’un sang pur », selon un poète qu’affectionnait Domi­nique Ven­ner qui s’est don­né la mort devant le maître-autel de la cathé­drale Notre-Dame de Paris le 21 mai 2013. Nous ne jet­te­rons pas l’opprobre sur la mémoire d’un homme intel­li­gent et cou­ra­geux, révol­té par la déca­dence de sa « patrie fran­çaise et euro­péenne ».

Nous ne nous asso­cie­rons cepen­dant pas non plus au concert de louanges qui a accom­pa­gné ce geste déses­pé­ré. Dans notre recen­sion de son der­nier ouvrage Le choc de l’histoire (Renais­sance Catho­lique n° 123, pages 18–19), nous avions rap­pe­lé ce qui, au-delà de points de conver­gence ponc­tuels, nous sépa­rait fon­da­men­ta­le­ment de Domi­nique Ven­ner : sa fas­ci­na­tion pour le sui­cide,« orgueilleuse signa­ture de sang au bas de la vie », son culte d’un homme euro­péen « pan­théo­ni­sé », sa fas­ci­na­tion pour les régimes « fas­cistes », sa haine du Christ.

Domi­nique Ven­ner a main­te­nant ren­con­tré Celui qu’il a renié, révol­té, nous dit-on, par le lamen­table spec­tacle de tant de Ses ser­vi­teurs et sub­ju­gué par l’intelligence d’un maître en anti­chris­tia­nisme, Louis Rou­gier. Le sui­cide de Yukio Mishi­ma en 1970 fut un geste esthé­tique sans aucune influence notable sur l’histoire du Japon. Seul le sacri­fice du Christ a chan­gé, de manière radi­cale, le cours de l’histoire. Pré­tendre l’égaler, voire le défier est une folie !

C’est en trem­blant que nous confions le salut de l’âme de Domi­nique Ven­ner à la misé­ri­corde de Dieu, priant le Ciel de ne pas avoir été de ces ser­vi­teurs, tou­jours indignes, mais par­fois trop infi­dèles, qui font écran, par leurs limites, inévi­tables, entre l’absolu de Dieu et les âmes qui le cherchent vrai­ment dans l’humilité et la confiance. RC