Départ Marche pour la vie 25 janvier 2015

Chers amis
Nous voi­ci une nou­velle fois réunis pour dénon­cer la logique mor­ti­fère dans laquelle nous a entraî­nés la loi Veil pro­mul­guée il y a déjà qua­rante années.

Au fil du temps l’avortement à l’origine sim­ple­ment dépé­na­li­sé en cas de détresse a été rem­bour­sé par la Sécu­ri­té Sociale puis un « délit d’entrave à inter­rup­tion de gros­sesse a été créé » et enfin ce qu’ils appellent l’IVG qui n’est pas une inter­rup­tion mais une ces­sa­tion est tout récem­ment deve­nu un « droit de la femme ». Demain, iné­luc­ta­ble­ment, la clause de conscience sera déniée aux méde­cins et au per­son­nel hos­pi­ta­lier. Logi­que­ment les prin­cipes et les pré­mices faux déploient leurs consé­quences tra­giques. Accep­ter de tuer un être humain inno­cent déjà conçu ou dénier à ce même être sa nature humaine ne peut être que l’origine de tra­gé­dies sans fin.

Depuis dix années nous avons mar­ché et prê­ché plus ou moins dans le désert. Mais ce qui appa­rais­sait comme un com­bat d’arrière-garde mené, pré­ten­du­ment, par quelques vieillards caco­chymes et obs­cu­ran­tistes est en train de deve­nir une annonce pro­phé­tique. Le nombre croît, sur­tout par­mi les plus jeunes, de ceux qui prennent conscience que c’est effec­ti­ve­ment un chan­ge­ment de civi­li­sa­tion qui est en train de s’opérer sous leurs yeux. Ils ne veulent pas d’un monde où l’homme serait réduit à la simple dimen­sion de pro­duc­teur ou de consom­ma­teur. L’originalité de notre civi­li­sa­tion qui fut chré­tienne est d’avoir tou­jours accor­dé une place de choix aux plus faibles de ses membres : enfants à naître, orphe­lins, veuves, malades, per­sonnes âgées… La socié­té maté­ria­liste et sécu­la­ri­sée dans laquelle nous vivons n’a, sous des dehors de com­pas­sion lar­moyante, que mépris pour les plus faibles de ses membres qui sont même pri­vés de leur simple digni­té d’êtres humains : embryons uti­li­sés comme maté­riaux de labo­ra­toire, malades accu­lés à la mort sous cou­vert d’apaisement des souf­frances, vieillards jugés indignes de vivre, etc.

Il faut par­fois accep­ter d’être seul avec la réa­li­té, on découvre ensuite qu’on ne l’était pas. Notre Marche pour la vie n’est pas une démarche idéo­lo­gique mais un témoi­gnage, un appel et une pro­tes­ta­tion. Un témoi­gnage car notre pré­sence publique mani­feste que selon l’expression d’Alexandre Sol­je­nit­syne le men­songe exis­te­ra mais sans notre par­ti­ci­pa­tion. Un appel aux consciences et aux res­pon­sables poli­tiques pour sor­tir des idéo­lo­gies et renouer avec le réel. Com­ment la vio­lence ne sub­mer­ge­rait-elle pas nos socié­tés s’il est légal qu’une mère puisse tuer son enfant ? Une pro­tes­ta­tion car nous sommes la voix des sans voix : enfants non nés, malades ago­ni­sants, vieillards aban­don­nés.

Renaissance_Catholique_Marche_pour_la_vie_2015.jpg

Enfin l’originalité de notre marche est de ne rien deman­der pour nous. Nous ne défen­dons aucun acquis social ni pri­vi­lège plus ou moins jus­ti­fié. Nous défen­dons une vision de l’homme qui dépasse notre inté­rêt per­son­nel. Notre com­bat n’est pas un com­bat du pas­sé mais un ser­vice de l’éternelle jeu­nesse de la Véri­té. Demain la vie triom­phe­ra car ceux qui sont géné­reux dans la trans­mis­sion et l’accompagnement de la vie pren­dront natu­rel­le­ment et bio­lo­gi­que­ment le pas sur les tenants de la culture de mort.

Nous le savons depuis au moins 2000 ans : La vie a vain­cu la mort

Je vous remer­cie.

Jean-Pierre Mau­gendre.