Contre la dénaturation du mariage : des actions pour tous

Après le suc­cès des mani­fes­ta­tions du 13 jan­vier et l’échec de la mani­fes­ta­tion des par­ti­sans de la déna­tu­ra­tion du mariage, le 27 jan­vier, le com­bat conti­nue.

Si la majo­ri­té par­le­men­taire semble acquise au pro­jet de loi de Chris­tiane Tau­bi­ra, des voix dis­cor­dantes se font cepen­dant entendre à gauche comme celles de Gérard Col­lomb, séna­teur-maire de Lyon ou de Ber­nard Poi­gnant, maire de Quim­per. Dans une inter­ven­tion à la fois très construite et très ferme, Bru­no Nes­tor Azé­rot dépu­té divers gauche de la Mar­ti­nique vient d’expliquer à la tri­bune de l’Assemblée natio­nale pour­quoi, en homme libre, il ne vote­rait pas ce texte (http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=y44QIUL_Psc). Loin des idéo­lo­gies fumeuses des intel­lec­tuels et bobos de gauche ger­ma­no-pra­tins, cet enfant des îles parle avec son cœur et son bon sens et rap­pelle quelques véri­tés oubliées : la qua­si-tota­li­té de la popu­la­tion d’outre-mer est oppo­sée à ce pro­jet de loi au nom du res­pect des cou­tumes et de la nature car c’est la nature qui refuse aux homo­sexuels d’avoir un enfant, pas la loi. Selon lui, cette reven­di­ca­tion repose sur un « indi­vi­dua­lisme hédo­niste », des­truc­teur de toute vie sociale. Nous pro­po­sons à nos com­pa­triotes ultra­ma­rins un échange : don­nez-nous Azé­rot, on vous laisse Bache­lot et Mamère.

Tout ce qui contri­bue à mani­fes­ter l’opposition de nom­breux Fran­çais à ce pro­jet de loi mor­ti­fère doit être sou­te­nu : mani­fes­ta­tions, prières publiques, dis­tri­bu­tions de tracts, affi­chages de ban­de­roles sur les ponts, appels au réfé­ren­dum en par­ti­cu­lier celui des­ti­né au Conseil Éco­no­mique, Social et Envi­ron­ne­men­tal qui ne néces­site que 500 000 signa­tures (http://www.lamanifpourtous.fr/mediatheque/petition_citoyenne.pdf), ras­sem­ble­ments devant les pré­fec­tures le 2 février pro­chain (http://www.lamanifpourtous.fr/-le-2-fevrier).Les idéo­logues qui sou­tiennent ce texte sont pour la plu­part étran­gers à toute argu­men­ta­tion ration­nelle. Ils ne recu­le­ront que face à un rap­port de force qui leur paraî­tra défa­vo­rable. Or dans un an auront lieu des élec­tions muni­ci­pales, séna­to­riales et euro­péennes. Cha­cun a noté que les mani­fes­ta­tions des 13 et 27 jan­vier avaient été bien peu « colo­rées » : « ce sont des trucs de blancs ». Il est cepen­dant incon­tes­table que l’électorat musul­man auquel de nom­breux élus socia­listes doivent leur élec­tion est très majo­ri­tai­re­ment oppo­sé à cette déna­tu­ra­tion du mariage. Plus le débat se pro­longe, plus ces élec­teurs risquent de se rap­pe­ler le mau­vais tour que leur a joué le Par­ti socia­liste en ren­for­çant la visi­bi­li­té sociale de l’homosexualité. Les élec­teurs musul­mans de mes­sieurs Yann Galut (dépu­té du Cher) et Nico­las Bays (dépu­té du Pas-de-Calais) ont-ils appré­cié leur kiss-in public, un peu consti­pé semble-t-il, même sous leur écharpe tri­co­lore ?

porte_de_Saint-Cloud.jpg

Les seules batailles per­dues d’avance sont celles qui ne seront pas menées. Quant à ceux qui se déso­lent sur l’absence d’unité d’action devant la mul­ti­pli­ci­té des ini­tia­tives, l’avantage concret est que ce mou­ve­ment mul­ti­forme est par le fait même plus dif­fi­cile à infil­trer et à déca­pi­ter. Les équipes qui déploient des ban­de­roles sur le péri­phé­rique le matin ne sont pas celles qui orga­nisent un rosaire devant l’Assemblée natio­nale le soir, et c’est très bien. La police est un peu per­due… Comme le disait Jeanne au beau duc d’Alençon : « ce n’est pas l’heure de s’en aller ! C’est l’heure de s’entendre ». L’heure est donc au com­bat et à la vigi­lance, car il n’est pas sans exemple dans notre his­toire que de grands mou­ve­ments popu­laires aient été tra­his par ceux qui en étaient deve­nus les chefs.