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La revue
Tiré du numéro n° 103
Notre 17e Université d’été de Renaissance Catholique a, cette année encore, réuni des spécialistes prestigieux dans le cadre sympathique et accueillant de la maison de Champagne Gaston Révolte à Avenay-Val d’Or du 11 au 14 juillet 2008.
Un grand nombre d’habitués ont répondu présents, heureux de se revoir, mais aussi des nouveaux venus, attirés par le programme une fois encore très attirant, mélangeant conférenciers réguliers et nouveaux intervenants sur un thème très révélateur de l’état des régimes occidentaux contemporains.
Dans la conférence inaugurale, Michel De Jaeghere jette un regard croisé sur la démocratie athénienne et la démocratie moderne, et s’interroge en particulier sur la possibilité d’une filiation entre les deux. Partant de l’ouvrage de référence de Jean Madiran sur le sujet (Les Deux démocraties, paru en 1979), il souligne que la démocratie moderne fonctionne en apparence comme la démocratie classique : les gouvernants y sont désignés par mode d’élection.
Cependant, la démocratie moderne déborde cette seule donnée et se définit par d’autres caractéristiques. Tout d’abord, on juge un pouvoir non sur son respect du droit commun mais sur sa conformité à la volonté du suffrage universel et nul ne pourra exercer une souveraineté s’il n’a pas été choisi par le suffrage électoral. Ce qui ne met en aucun cas la collectivité à l’abri d’un pouvoir incompétent ou nuisible. Autre caractéristique de la démocratie moderne : la loi est l’expression de la volonté générale et elle n’est que cela. Avant la démocratie moderne, la loi était l’expression d’un ordre supérieur aux volontés humaines. Je le veux parce que c’est juste, devient c’est juste parce que je le veux. Enfin, contrairement à ce que l’on croit communément, la démocratie moderne tend au totalitarisme. Les démocraties libérales mettent en avant l’existence des libertés individuelles pour saper les sociétés naturelles. On n’interdit pas la famille, mais on la dilue par le divorce, l’avortement, le mariage homosexuel. On exalte la nation mais on transfère ses pouvoirs législatifs à Bruxelles. On défend la propriété privée mais on taxe de plus en plus lourdement l’initiative privée. Les société naturelles ont tendance à devenir des coquilles vides. La démocratie moderne se résume de plus en plus à un gouvernement au pouvoir de quelques groupes oligarchiques.
A contrario, Michel De Jaeghere évoque les principes constitutifs de la démocratie athénienne. Si la postérité en a gardé une image éclatante (on parle volontiers de l’âge d’or de Périclès, au Ve siècle avant JC), il ne faut pas oublier que ce régime a frappé d’ostracisme certains de ses meilleurs citoyens (Alcibiade, Thémistocle) et perdu la guerre du Péloponnèse contre Sparte. Ce qui conduit à l’abrogation de la démocratie et à l’oligarchie et au déclin. C’est donc un tableau en demi-teinte. La démocratie athénienne tendait-elle comme la démocratie moderne au totalitarisme ? Pour l’essentiel, non. Mais on est troublé de constater des points de convergence, comme l’impérialisme de la démocratie athénienne à l’extérieur, qui rappelle la tentation d’exportation de la démocratie américaine aujourd’hui. Les Athéniens en viennent en effet à croire que seul leur régime est légitime et caricaturent le modèle oligarchique de Sparte. La démocratie athénienne n’est pas totalitaire mais Platon, en l’observant, critique le désir insatiable de la liberté, qui conduit à sacrifier le bien public. La démocratie athénienne a certes eu des ombres et des faiblesses, estime finalement Michel De Jaeghere. « Elle n’est pas une tyrannie mais il est probable que ce que nous lui avons emprunté nous y mène ».
L’historien Philippe Conrad, dans un vaste panorama multiséculaire dont il a le secret, revient ensuite sur la mise en œuvre progressive de l’hégémonie démocratique à partir de 1789 et jusqu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Si cette période est marquée par le progrès scientifique et le confort matériel, en France, c’est le début du « grand déclassement » (selon l’expression de Pierre Chaunu), qui se termine par le carnage de la Première Guerre mondiale et le déclin moral. La Révolution française ne nait pas spontanément, elle est issue de l’union d’une partie de la bourgeoisie avide de liberté avec une noblesse attachée au devoir de révolte. Ce microcosme influencé par Locke, Voltaire, Rousseau ou Montesquieu, se méfie fortement du suffrage universel (qui ne sera institué en France qu’en 1848, et encore pour les hommes uniquement, les femmes devant encore patienter près d’un siècle) et développe un curieux paradoxe : il ne doit pas y avoir de liberté pour les véritables ennemis de la liberté. Parallèlement, l’influence de l’Église et l’autorité naturelle des corps intermédiaires se trouvent battues en brèche et les grands principes de la démocratie moderne se mettent en place de façon identique (avec des décalages dans le temps) dans tous les grands pays industrialisés.
Nation démocratique par excellence, les États-Unis d’Amérique vont, sous l’impulsion de Woodrow Wilson, élu président en 1912, développer l’idée que le monde entier est destiné à devenir démocratique, ce qui implique d’organiser ledit monde : si un peuple ne veut pas s’intégrer par la persuasion, il faut le lui imposer par la force. À la chute de l’Union soviétique, les États-Unis vont chercher ainsi à imposer leur modèle démocratique. Pour Philippe Conrad, ce modèle, qui veut aboutir in fine à un super-État mondial, est à la fois utopique et très arrogant. On glisse en fait vers un système totalitaire qui ne veut pas dire son nom. Il faut conserver notre liberté de critique par rapport à un système qui se croit indépassable.
Dans sa conférence sur l’avènement de la modernité, après avoir salué les participants de « la plus ancienne et la plus prestigieuse université d’été », Maxence Hecquard, philosophe de formation et auteur d’un récent ouvrage sur la démocratie moderne, souligne que celle-ci est le rejet de l’ordre de la nature. Elle ne reconnait aux communautés naturelles qu’une existence légale voire juridique alors qu’au contraire, celles-ci ont une existence naturelle. Si pour la pensée classique, l’égalité est inséparable de la capacité des êtres, pour le “modèle” démocratique, l’égalité n’est plus proportionnelle mais linéaire (« un homme, une voix »). Le droit ne devient que l’énoncé de la loi. Le problème, déjà soulevé par les philosophes du XVIIIe siècle, est que le peuple est incapable de se gouverner, ce qui conduit immanquablement au gouvernement d’une élite, ou nomenklatura, qui agit par ce qui ressemble fort à une manipulation de l’opinion publique.
« Comment un tel système, s’interroge Maxence Hecquard, peut-il souffrir de tant de maladies et afficher une telle santé ? C’est qu’il est modernité ». Au nom de la modernité, nous n’accordons de véritable crédit qu’aux travaux du CNRS, alors que les sciences humaines sont dévalorisées. Le darwinisme est la théorie officielle sur la naissance du monde : il n’y a pas de pyramide des êtres, il n’y a pas d’intelligence à avoir présidé à une création. Il n’y pas de Dieu. Cette théorie n’est pas nouvelle (Empédocle, Démocrite au Ve siècle avant JC, ou Lucrèce, qui est, bien avant Rousseau, l’un des pères de « l’état de nature »). Darwin a donné une caution scientifique à la cosmogonie épicurienne : il n’y a aucun ordre dans le monde, les organes sont nés avant qu’aient existé les sens. Résultat : la plupart de nos contemporains considèrent que le monde est le fruit du hasard, qui serait une cause qui agit sans fin ni but. Dieu, le premier moteur d’Aristote, est une création de l’esprit. Ordo ab chao est la conception démocratique : la nature ne sait pas d’où elle vient, elle ne sait pas plus où elle va.
La progression des idées “modernes”, qui de Kant à Comte-Sponville (excusez le raccourci…) en passant par Hegel et Teilhard de Chardin, conduit à une société où Dieu est cantonné dans la sphère privée, où la foi en la société et la collectivité prime tout : voyez tous les programmes de recherche collectifs et supranationaux, comme le génome humain, la conquête spatiale, Airbus, etc. Or, pour progresser collectivement, il faut la paix, donc la généralisation de la démocratie, seul système qui permettrait de l’obtenir. La démocratie devient quasiment scientifique, elle jouit donc de l’autorité la plus haute. Elle ne peut dès lors souffrir la contradiction, c’est une exigence métaphysique avant d’être politique. Il n’y a plus qu’une seule règle à respecter, c’est la loi, qui constitue la seule morale réelle, objective. La seule vertu qui demeure est la démocratie, une vertu bien théorique puisque, en raison de la taille des États modernes, la masse ne peut plus aimer le chef, car elle ne l’a jamais vu réellement : la définition usuelle de la démocratie est le pouvoir du peuple mais cette définition est donc fausse.
Qui mieux que le docteur Xavier Dor, fondateur de SOS–Tout-Petits en janvier 1987, peut révéler l’étendue des ravages de la culture de mort ? Déjà présent à Avenay en 1996 lors de la Ve Université d’été, le docteur souligne avec pertinence que c’est au moment où on fait l’apologie des Droits de l’homme et du citoyen que le monde est confronté à une prolifération de l’avortement, de l’euthanasie ou des manipulations génétiques. Cette “culture de mort” comme l’avait si précisément définie Jean-Paul Ier dans son encyclique Evangelium Vitæ, impose à la civilisation la loi du plus fort sur le plus vulnérable, sur l’indésirable. C’est la négation de ce qu’est Dieu.
En mars 1987, lors de la première intervention des militants de SOS Tout-Petits dans une clinique d’avortement, le directeur leur avait reproché de ne pas respecter les consciences. Mais, rappelle le docteur Dor, citant Paul VI : « La conscience n’est pas elle-même la lumière, elle est l’œil qui perçoit la lumière ». La conscience est relative, elle se soumet à un ordre qui n’est pas le sien. Les manifestations de la culture de mort sont multiples : la contraception d’abord, qui est la sexualité sans la fécondité, et dont certaines méthodes sont en fait abortives ; l’avortement ensuite, dépénalisé en France par la loi Veil de 1974. C’est la médicalisation d’un crime qui a toujours existé. Avec la création de la pilule abortive RU 486, c’est l’avortement chimique à domicile qui se met en place. Selon l’Unesco, il y a 50 millions d’avortements dans le monde chaque année. Jamais l’humanité n’a autant tué.
Avec le diagnostic prénatal, plus de 95% des mongoliens sont désormais éliminés en France. Comble de monstruosité, le sacro-saint principe eugéniste « Un enfant si je veux, quand je veux » est en passe de devenir : « Un enfant si je veux, quand je veux… comme je le veux ». Et la science ne prétend pas s’arrêter là puisqu’elle propose désormais la création de chimères, c’est-à-dire le mariage de germes animaux et de germes humains, pratique déjà autorisée en Grande-Bretagne… au nom de la recherche bien sûr. Avec l’euthanasie, c’est la mort elle-même que le médecin donne, par injection létale ou par omission (ce qui revient à laisser le patient mourir de faim ou de froid), alors que les soins palliatifs permettraient d’accompagner les derniers moments des mourants avec bien plus de délicatesse, en évoquant si possible la vie au-delà de la mort
Comme le remarque le docteur Dor, l’avortement a causé un choc moral énorme à nos sociétés : la plupart des femmes sont marquées à vie, la dépression touche aussi les hommes, les frères et sœurs éventuels. L’avortement est un désastre familial. Comment imaginer que les parents puissent tuer leur enfant ? Les hommes politiques qui font les lois, les magistrats qui les appliquent, les médecins qui pratiquent les avortements ont une responsabilité écrasante. La culture de mort, semble nous tenir comme de la glu. Mais il faut se battre pour dire la vérité et reconquérir la vraie liberté, celle des enfants de Dieu.
Président du Club de l’Horloge et de Radio-Courtoisie, président de la Voix des Français, Henry de Lesquen s’attache à démonter le mécanisme de la police de la pensée. Sujet a priori facile car nous savons tous combien il est devenu difficile d’exprimer des opinions de droite. Prenons l’exemple de l’homophobie, qui est dramatisée pour faire avancer l’incitation à l’homosexualité. On en arrive à la situation où le député UMP Vanneste se trouve condamné par la justice pour le crime d’avoir rappelé qu’il y a une différence entre l’homosexualité et la normalité.
Henry de Lesquen rappelle les méthodes et les instruments de la police de la pensée. La loi Pleven de 1972, qui inaugure la législation antiraciste, réprime ceux qui ont incité à la violence et à la discrimination en raison de la race, de l’ethnie ou de la religion. Elle institue la répression de la diffamation de groupe. Ce qui aggrave les choses, c’est la partialité de la jurisprudence. Les juges appliquent une loi contestable selon des principes qui ne sont pas universels. La loi Gayssot du 13 janvier 1990 introduit le délit de révisionnisme et de contestation de crime contre l’humanité. On peut blasphémer la religion du Golgotha, on ne peut blasphémer la religion de la Shoah, qui semble devenue la religion officielle.
La police de la pensée commence à être la police du for intérieur. L’État veut deviner nos pensées et s’emploie ainsi à un formatage de la jeunesse via l’Éducation nationale, ainsi que de l’opinion via les médias. Nous sommes aussi victimes d’une manipulation lexicologique : les “sans-papiers” sont en fait des délinquants, des immigrés illégaux, qui revendiquent paradoxalement leur délinquance. La police de la pensée veut nous empêcher de traiter du changement de population en cours dans notre pays. Personne ne nous a consultés pour que nous donnions notre accord sur la France multiraciale. La discrimination prétendument positive est en fait négative pour les Français de souche. Le ministère de l’Identité nationale de M. Hortefeux est le bras armé de la destruction de l’identité nationale.
Contrairement à certains des conférenciers qui l’ont précédé, Henry de Lesquen estime que la démocratie n’est pas forcément totalitaire ; elle est capable de dire non aux mauvais bergers qui veulent la conduire sur de mauvaises voies. Dans une société normale, on pourrait parler librement de la race mais garder de la retenue sur le sexe, ce qui permet de protéger la famille et l’identité. La société anormale promeut exactement l’inverse : dévergondage sexuel et absence totale d’expression sur la race, ce qui provoque la destruction de la famille et de l’identité. La police de la pensée est donc destructrice de la civilisation. La société traditionnelle est orientée vers le bien commun, la société moderne vers la décadence. « Chacun doit faire son devoir, conclut le conférencier, corriger son langage, qui ne doit plus être celui de l’adversaire. Il faut savoir militer. Il faut éviter la discorde, voir ce que nous avons en commun plutôt que ce qui peut nous diviser ».
Dans son intervention sur les libertés dans l’ancienne France, l’avocat Jacques Trémolet de Villers montre que les Français ont la passion de la liberté, terme qu’on ne doit pas abandonner aux révolutionnaires. Être Franc et être libre, c’est la même chose. Nous avons dans nos gènes, dans la constitution de notre race française le génie de la liberté. La liberté des Francs est illustrée par les guildes, ou confréries, qui seront le mode de travail en commun : les membres d’un même métier ont la volonté de s’organiser selon leurs besoins propres et de s’entraider, avec un certain nombre de droits et d’autorités. Il n’y a pas en effet de contradiction entre liberté et autorité. On ne peut pas exercer son métier sans passer par les règles que s’est donnée la guilde. L’ancienne France était ainsi « hérissée de libertés », selon le mot célèbre de Funck-Brentano. Nous sommes le pays des droits acquis. Le miracle de l’art politique capétien a été de jouer entre les deux éléments : la liberté des corporations d’une part, le droit de lever l’impôt de l’autre. La règle est le bon sens, loin de toute idéologie. A contrario, la loi Le Chapelier de 1791 est l’aboutissement d’un vieux rêve, celui de l’unification économique. La Révolution est venue ainsi casser les traditions des métiers, même si certains d’entre eux perdurent jusqu’à nos jours.
Deuxième illustration des libertés de l’ancienne France, les communes. Ce sont de véritables républiques économiques, très diversement organisées, selon la nature et l’histoire. Il y a des caractères communs aux confréries, comme l’assistance mutuelle (avec les critères d’amitié et de paix). Les impôts sont liés au phénomène communal. La commune vote les impôts locaux comme les impôts au roi. Pendant quatre siècles, la ville de Toulouse n’a ainsi pas payé d’impôt au roi. Les communes sont souveraines, avec une conséquence inattendue : il y avait entre le roi de France et les communes un tel amour, d’après les ambassadeurs de Venise, qu’on vit les communes voter des impôts pour le roi qui n’étaient même pas demandés. Quand le roi se déplaçait dans une ville, il y avait une fête-roi, à l’instar de la Fête-Dieu. Depuis 1789, on n’a jamais vu les impôts diminuer. Dans l’ancienne France au contraire, il n’y a pas de ligne générale d’augmentation de la pression fiscale. La marque fondamentale de la liberté, c’est que les communes puissent négocier l’impôt avec l’État.
Revenons à la France de 2008 : pour survivre, les métiers se sont organisés et passent leur temps à lutter pour se défendre, comme récemment les chauffeurs de taxi. Les régions et les communes aspirent à retrouver leurs racines, avec un souci très fort de retrouver une liberté qui a été écrasée. Ce qui nous manque en fait, c’est l’autorité, le modérateur temporel, comme l’était le souverain capétien. L’art politique, selon Jacques Trémolet de Villers, ce n’est pas de présider l’Union européenne ou d’imaginer une Union pour la Méditerranée, c’est d’organiser sa propre famille. Les Capétiens cherchaient d’abord le souci de leur peuple, de leurs métiers et de leurs communes. Pour une renaissance française, il faudrait enseigner la nécessité de cet art politique capétien, qui est l’art politique par excellence.
Jeune normalien, agrégé d’histoire, animateur de l’association La Rose Blanche, Benoît Schmitz a déjà assisté à deux Universités d’été de Renaissance Catholique : le voici pour la première fois au micro, pour évoquer l’individualisme totalitaire. Un concept qui parait absurde aux démocraties libérales modernes, qui mettent l’accent sur l’individu alors que les totalitarismes modernes privilégiaient le collectif. Elles se donnent effectivement comme premier objectif de garantir les droits de l’individu en écartant le nationalisme comme le socialisme au nom de l’individu. L’ultima ratio de l’homme moderne est « c’est mon choix », comme l’ont popularisé les femmes qui défendent l’avortement. L’individualisme débouche alors sur une nouvelle tyrannie : l’autorisation légale de tuer les enfants est considérée comme un grand progrès car elle met fin à l’intolérable prétention de l’État à s’immiscer dans la vie privée. Le totalitarisme de l’individu-roi a supplanté celui de l’État.
Comment en est-on arrivé là ? Après 1945, une alliance entre humanisme démocratique et christianisme semble possible, favorisée par l’essor démographique et par l’imprégnation de la morale judéo-chrétienne. Pour Benoît Schmitz, le basculement des valeurs se produit en France avec la “geste gaullienne”, qui marque une transformation en profondeur de la société française : la société de consommation fait son apparition, le taux de natalité commence à chuter en 1964 et l’individu devient la nouvelle norme sociale. L’État commence à avaliser des évolutions de la société (prétend-on) : contraception, dégradation de la politique familiale. Mai 1968 a fait éclater la contradiction entre la politique de prestige de de Gaulle et la montée de l’individualisme : c’est la naissance d’un gauchisme culturel, refusant tout pouvoir et toute autorité. Les cadres traditionnels de la vie en société sont détruits en quelques décennies. Les années Giscard marquent le ralliement de l’État à cet individualisme. Le clivage entre la gauche et la droite s’estompe, la gauche accepte l’économie de marché, la droite accepte l’évolution des mœurs, ce qui marque le triomphe des valeurs historiques de la gauche. Ainsi voit-on les Jeunes Populaires (UMP) commémorer Mai 68, et distribuer sur les plages des préservatifs frappés de leur signe, cohérents en cela avec leur manifeste : « Le passé nous contraint, l’avenir nous libère ».
L’homme moderne ne sait pas à quelle idéologie se vouer, il refuse de se lier à tout système de pensée. Il en vient à encourager l’euthanasie, qui est l’expression de la souveraineté totale de l’homme sur lui-même. Traumatisée par les totalitarismes du XXe siècle, notre société rejette toute métaphysique et fait de l’antitotalitarisme la seule règle : tout ce qui brime l’individu est mal. Comme le fait remarquer la philosophe Chantal Delsol, notre société est fondée sur le bien, sans le vrai.
Quelle est la nature de cet individualisme moderne ? L’homme est réduit à son appartenance soit raciale (qui est le fondement du nazisme), soit sociale (communisme) voire individuelle (libéralisme) : on prend la partie pour le tout. Cela débouche sur l’idolâtrie, qui fait de l’homme son seul dieu. Il n’y a de souverain bien que celui que l’individu se fixe à lui-même. L’ordre n’est plus déterminé par la loi morale ou spirituelle mais seulement par la volonté humaine. Les manifestations de l’individualisme totalitaire qu’on peut facilement constater dans la vie contemporaine sont la destruction de tout ce qui n’est pas le présent, la destruction de la langue ou de la pensée, la diabolisation du pouvoir, l’État devenant un simple instrument dans la main de forces sociales qui s’agitent dans l’ombre. Pour se défaire de ce poison, il faut défendre l’idée de vérité, même si elle est considérée comme totalitaire et mener un vrai dialogue avec les agnostiques. Il faut aussi que le peuple retrouve confiance en des obligations supérieures, qui transcendent l’homme. Si le monde actuel est dévoyé, la cause est en nous-mêmes. Ne nous laissons pas prendre aux petits désirs.
Frédéric Malaval est professeur d’Université en France et en Russie. Il anime le site internet Polemia, qui a pour objectif de réintroduire la libre confrontation des idées dans le débat public. Celle-ci semble singulièrement absente de nos médias contemporains, notamment en France. Le pouvoir s’est engagé dans une forme de tyrannie, c’est-à-dire un pouvoir qui n’a pas de contre-pouvoir. C’est la tyrannie médiatique.
Avec l’irruption des mass-médias, les moyens de communication interagissent de plus en plus fortement avec la population dont le niveau culturel a fortement augmenté. À tel point qu’on peut se demander si les médias ne sont pas devenus LE pouvoir : c’est la dictature de l’instant, de l’image, du spectaculaire, de l’approximation systématique, avec un mélange de connivence, de mimétisme et de paresse intellectuelle. Par ailleurs, la communication a remplacé l’information. Si informer, c’est porter à la connaissance d’autrui des faits exacts et vérifiés, communiquer, c’est théâtraliser, mettre en scène des idées exactes ou fausses dans un but précis.
Les médias modernes obéissent à quelques règles de fonctionnement simples : d’abord privilégier systématiquement le présent, l’immédiateté aux dépens de l’analyse ; ensuite substituer l’image à l’écrit ; la part de l’iconographie va ainsi croissant dans les magazines. Alain de Benoist dit avec justesse que la monstration vaut en quelque sorte démonstration. Dès lors que l’image existe, le fait existe. Au lieu de faire appel à la raison, on va systématiser la force de l’instant et les images vont être articulées selon le message qu’on veut faire passer. Privilégier la “peopolisation” : il y a des personnes qui ont le droit de passer dans les médias et d’autres qui n’ont pas ce droit. Ces éléments aboutissent à une tyrannie sympathique, le résultat est attrayant et bien mis en scène, ce qui contribue à diffuser le message, qui est ainsi encadré par quelques techniques : catastrophisme, diabolisation (opposition systématique des bons et des méchants), culpabilisation, avec la mise en accusation systématique du passé occidental pour nous couper de nos racines.
Bien conscients de la tyrannie des pouvoirs publics, que pouvons-nous faire, s’interroge in fine Frédéric Malaval ? D’abord travailler à la construction de grilles de lecture, renouer avec une attitude d’hygiène et pour y parvenir savoir lire entre les lignes. Faire également le meilleur usage d’internet, pour résister aux tentatives de déstabilisation. Si notre réalité politique est celle d’un régime oligarchique qui s’impose en douceur dans l’esprit des citoyens grâce à la tyrannie médiatique, nous devons nous efforcer de constituer un contre-pouvoir, chacun à son niveau, pour que cette tyrannie soit limitée dans ses effets.
La tyrannie peut prendre bien des formes et s’exerce sur notre rapport à l’économique, à travers le rôle fondamental accordé à la consommation : c’est la tyrannie de la consommation. Michel Sarlon-Malassert, ancien professeur d’économie à l’université de Poitiers et collaborateur régulier de Lectures Françaises, déjà intervenant en 2005 (Économiquement correct), nous rappelle, reprenant les propos de l’économiste Jean Fourastié, que « le caractère essentiel de l’homme est l’avidité ». À la question de la satisfaction des besoins, deux réponses ont été apportées au cours de l’histoire : d’un côté ceux qui prônent le détachement des biens matériels, qui permet de trouver bonheur et félicité. Diogène, Épicure, Sénèque, la pensée hindouiste se rejoignent dans le rejet des biens matériels. Le christianisme s’éleva toujours contre la tyrannie de l’argent. Saint Paul condamne la cupidité comme une forme d’idolâtrie. Cependant, à partir de la Réforme protestante, toutes les barrières sautent : la recherche du profit ne doit plus être interdite aux chrétiens. En quatre siècles, ce nouvel état d’esprit procure à l’Europe une avance considérable sur les autres continents dans le domaine matériel, grâce aussi au savoir technique et intellectuel accumulé dans les monastères, héritiers de la culture gréco-romaine.
Michel Sarlon-Malassert rappelle les débats qui animent depuis deux siècles les économistes : théoriciens de l’offre contre théoriciens de la demande, partisans de l’innovation, de l’intervention de l’État. En fait, la plupart des économistes contemporains reconnaissent le rôle fondamental de la consommation dans la vitalité économique, ce qui conduit à un travers moral : les entreprises se mettent à développer les besoins pour satisfaire et stimuler la consommation. Les désirs de chaque individu sont alors exacerbés, les entreprises jouent sur l’instinct des consommateurs : avoir autant que ses voisins… et si possible davantage. C’est dans ce terreau que prospèrent la publicité et le marketing. Comme le fait remarquer Michel Sarlon-Malassert, la plupart de nos contemporains ne sont pas attachés aux choses mais ils sont détachés des choses : on se débarrasse des objets pour en acheter d’autres ; la relation à l’objet devient très ténue. Le consumérisme, c’est la recherche constante de nouveaux objets matériels, avec un alibi moral : en consommant, je donne du travail aux autres et à moi-même.
Cependant, dans ce bel optimisme, des doutes se font jour actuellement : si la notion de développement durable est aussi en vogue aujourd’hui, cela présuppose que notre développement actuel n’est pas durable : confrontée à une raréfaction des ressources naturelles en regard d’une croissance démographique toujours alerte, notre planète va-t-elle faire revenir les hommes à la frugalité ? Le conférencier invite à repenser notre rapport à notre environnement : il ne peut y avoir de croissance infinie dans un espace fini comme la planète et sans doute faut-il en revenir à une « amicale collaboration entre l’homme et la nature ».
L’Église a souvent parlé de la démocratie depuis deux siècles. Dans une conférence riche en citations et extraits d’encycliques –L’Église et la démocratie de Pie VI à Benoît XVI–, le président de Renaissance Catholique Jean-Pierre Maugendre présente l’enseignement des papes au sujet de cette forme de gouvernement. Le 11 juin 1793, cinq mois après la mort du roi Louis XVI, Pie VI condamne sans appel les principes nouveaux, qui ont conduit à l’exécution du roi ; pour lui la monarchie est le « meilleur des gouvernements », le régime démocratique est le fruit d’un complot ancien mené contre l’Église et la société civile, des calvinistes aux sociétés secrètes, issu d’une conception erronée de la liberté et de la manipulation d’une très grande portion du peuple.
Par l’encyclique Mirari Vos de 1832, Grégoire XVI condamne les tentatives de certains catholiques de concilier Église et principes démocratiques. Il condamne également la liberté de la presse, qui est « la liberté la plus exécrable ». Une ligne de fracture s’établit au sein du catholicisme, que le journaliste ultramontain Louis Veuillot résume ainsi : ceux qui ont comme premier souci la liberté de l’Église et le maintien de ses droits et ceux qui essaient d’évaluer le degré de christianisme que la société moderne est prête à accepter. Cette dernière reçoit une condamnation sans appel lors de la publication le 8 décembre 1864 de l’encyclique Quanta Cura et du Syllabus, catalogue des principales erreurs, documents dans lesquels Pie IX s’élève contre les principales erreurs en cours au sujet de la liberté et de l’attitude de l’Église face aux idées démocratiques.
Le pontificat de son successeur Léon XIII marque une modification nette de l’attitude du Saint-Siège vis-à-vis des régimes républicains, notamment la IIIe République française. La motivation du pape est essentiellement religieuse : il faut sauver la religion, qui seule peut créer le lien social, au nom de la démocratie classique. Léon XIII précise sa pensée dans l’encyclique Diuturnum de 1881 : l’Église ne rejette aucune forme de gouvernement, tant que celui-ci ne viole pas les droits de l’Église. Elle approuve que chacun travaille au bien commun. Illustration de cette nouvelle attitude : le fameux « toast d’Alger » du cardinal Lavigerie, le 12 novembre 1890, qui invite les catholiques français à adhérer sans arrière-pensée à la forme républicaine du gouvernement, avec l’accord du Saint-Siège. La longévité du régime républicain tient désormais lieu de légitimation. Le pape enfonce le clou en 1892. Dans l’encyclique Au milieu des sollicitudes, il récuse toute tentative de changer la forme du gouvernement. Tous les individus sont tenus d’accepter le gouvernement et de ne rien tenter pour le renverser. C’est le Ralliement. Cependant la République en France n’est pas seulement une forme de gouvernement mais une machine de guerre contre le catholicisme. Au contraire de ce qu’espérait Léon XIII, le gouvernement républicain aggrave la politique anticatholique à partir de 1885, pour finalement décider la séparation de l’Église et de l’État en 1905.
Encouragées peut-être par ce nouveau contexte, les idées démocrates-chrétiennes font leur chemin. Elles semblent même encouragées par le pape qui, en 1901, dans l’encyclique Graves de communi, salue les efforts de la démocratie-chrétienne et ses œuvres de bienfaisance, même si le pape récuse la dimension politique de la démocratie chrétienne. Celle-ci reçoit cependant un rude coup en août 1910, lorsque saint Pie X, dans son encyclique Notre charge apostolique, condamne le mouvement de Marc Sangnier, le Sillon, et les principes de la démocratie chrétienne. Cependant, si le Sillon obéit et choisit de se saborder, l’état d’esprit demeure. Il prend sa revanche en 1926, lors de la condamnation de l’Action Française, le mouvement de Charles Maurras, qui était à la pointe du combat contre le Sillon. Les démocrates-chrétiens font main basse sur le catholicisme français.
Du côté de l’enseignement pontifical, dans le contexte de la lutte contre la toute-puissance des États totalitaires, Pie XII en appelle à la qualité des représentants du peuple dans son radio-message de Noël 1944. Pour lui, celle-ci est la condition d’un bon fonctionnement de la démocratie, qui « admet des formes diverses et peut se réaliser aussi bien dans des monarchies que dans des républiques ». Mais si les gouvernants défaillent, d’autres arrivent, qui n’ont en vue que leur intérêt propre et le souci de flatter les masses.
Le concile Vatican II insiste très fortement sur les droits de l’homme, notamment dans la déclaration Gaudium et spes, qui semble marquer le ralliement de l’Église au dogme démocratique de la souveraineté populaire. Jean-Paul II et son successeur Benoît XVI s’alarment cependant des avancées spectaculaires de la culture de mort. Pour Jean-Paul II, « une démocratie sans valeur se transforme facilement en totalitarisme déclaré ou sournois » (encyclique Centesimus annus, 1991). Le pape estime que les fondements authentiques de la démocratie remontent aux droits de l’homme (ce qui est nouveau par rapport à l’enseignement de Pie XII). Pour Jean Paul II, les droits de la vie ne sont pas toujours respectés par les régimes démocratiques, ce qui l’amène à insister sur le sujet lors des fameuses encycliques Veritatis Splendor d’août 1993 et Evangelium Vitæ d’avril 1995. Dans ce dernier texte, le pape s’élève fortement contre l’absolutisme de la démocratie, qui, étant un instrument et non une fin, ne peut être élevée au rang d’un mythe. Sa valeur se renforce ou disparaît suivant qu’elle respecte ou non la conformité de la loi civile et de la loi morale.
Dans son Compendium de 2005, Benoît XVI trace une limite à la souveraineté populaire qui ne suffit pas à légitimer l’exercice de l’autorité. Pour lui, la démocratie ne réussit que si elle est fondée sur la vérité, comme il l’a exprimé en avril 2008 devant le président Bush au cours de son voyage aux États-Unis. Trois points sont pour lui non négociables pour tous les catholiques engagés en politique : le droit des parents à élever leurs enfants, la définition du mariage comme l’union d’un homme et d’une femme, la défense du droit à la vie dès la conception.
Quels sont finalement les fruits de l’enseignement de l’Église sur la démocratie ? La laïcité s’est imposée à la fin du XIXe siècle malgré les gestes d’ouverture du Saint-Siège. On peut craindre que l’enseignement pontifical de la deuxième moitié du XXe siècle n’ait le même effet et n’empêche pas le renforcement du dogme démocratique. Pour l’endiguer, il faut revenir au fondement même de la source de l’autorité. Plus les masses sont nombreuses, plus elles peuvent être manipulées. Dans des ensembles aussi vastes et complexes que les États modernes, la démocratie moderne est avant tout une ploutocratie. Pour Jean-Pierre Maugendre, on n’a pas besoin de plus de démocratie, qui est un luxe, mais de plus d’ordre et de lois justes. Les peuples ont surtout besoin d’un peu plus de sainteté.
Qui gouverne en démocratie ? Avec ce titre faussement provocateur, Bruno Gollnisch, vice-président du Front national et député au Parlement européen, était assuré d’un grand succès pour la dernière conférence de notre université d’été. Bruno Gollnisch nous fait une confidence initiale : « Je suis modéré en tout, y compris en démocratie » et rappelle que la si décriée déclaration des Droits de l’homme et du citoyen, dans sa version de 1795, comportait également une déclaration des devoirs. Il est dommage qu’on n’ait pas retenu cette version pour la postérité.
Si la démocratie est généralement définie comme le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple, ceci est devenu largement théorique en France. Le peuple français se voit imposer l’introduction de populations étrangères, par le code de nationalité le plus laxiste du monde. Le gouvernement du peuple n’est pas homogène : les automobilistes et les contribuables sont réprimés sans cesse, alors que les jeunes immigrés et la nomenklatura politique bénéficient d’une clémence illimitée. Les Français sont très rarement consultés par référendum (et ne le seront sans doute jamais sur la question de l’entrée dans l’Union européenne de la Turquie) alors que les révisions constitutionnelles par voie parlementaire se multiplient. Et même lorsqu’ils sont consultés (lors du référendum de mai 2005, les Français ont rejeté le projet de constitution européenne, malgré la pression médiatique intense), la signification de leur vote est systématiquement dévalorisée, voire leur volonté ignorée. Nos élites politiques dans leur ensemble méprisent l’expression populaire directe.
On sait par ailleurs que le pouvoir indirect du peuple, c’est-à-dire l’exercice du pouvoir par les représentants, est faussé dès le départ, car les résultats électoraux des petites formations politiques sont minorés, quel que soit le mode de scrutin. L’immense majorité des textes adoptés par la représentation nationale n’est que la transposition de la réglementation européenne. Notre souveraineté, rappelle le dirigeant du Front national, a été bradée depuis plusieurs années : Bruxelles travaille à un État non pas fédéral mais unitaire, par l’éclatement des États-nations et l’exaltation des ensembles régionaux. La commission de Bruxelles a le monopole de l’initiative législative, elle est gardienne des traités. Quant au Parlement de Strasbourg, il est tout sauf démocratique : il ne reflète pas la population de l’Europe, et est archi-dominé par deux groupes qui s’entendent sur la réduction des prérogatives nationales. Qui gouverne alors ? D’abord une classe de “sachants”, sorte d’“hyper-classe” qui prétend détenir le monopole du savoir, qui accapare le pouvoir ; les médias ensuite, qui montent en épingle des événements (référendum irlandais) ou des personnages (Ingrid Betancourt) pour le plus grand profit de l’hyper-classe. Celui qui contrôle l’information contrôle la société. Or, qui contrôle les médias ? Les puissances d’argent (Libération est ainsi contrôlé par Rothschild), les fonds privés multinationaux ou les fonds souverains. Mais l’argent ne suffit pas à tout : le groupe Dassault, qui a remplacé le groupe Hersant dans de nombreux titres régionaux, ne contrôle pas la ligne éditoriale de ses titres et ne peut même pas introduire un minimum de pluralisme. Autre réseau d’influence et de pouvoir : les réseaux associatifs et syndicaux, qui profitent de l’application extrêmiste des lois Pleven et Gayssot au nom de l’antiracisme et de l’antisémitisme, ou de la Résistance. Citons également les réseaux communautaires, sur-représentés dans les médias alors qu’ils ne représentent pas les individus au nom de qui ils prétendent parler.
Si nos adversaires ont été capables de monter des réseaux, nous devons monter les nôtres et nous rappeler que des réseaux d’influence ont connu des échecs. Il nous faut investir le domaine politique, même au niveau le plus modeste mais aussi les domaines culturel, social, syndical. Que les enfants de lumière se montrent aussi habiles que les enfants des ténèbres, nous enjoint Bruno Gollnisch, et soyons prêts à nous tremper les mains dans le cambouis pour la renaissance de notre chère patrie.
François Vincent
Mise à jour le 20 novembre 2008