Editorial de la revue Renaissance Catholique n° 111
Malheur à vous, hypocrites !
par Jean-Pierre Maugendre
Les loups sont à la curée. Toute la classe médiatique hurle à la mort contre le pape, lui demandant de sacrifier sur l’autel de l’innocence des enfants la règle du célibat sacerdotal, “perle précieuse” s’il en est. Mais qui sont-ils donc ces donneurs de leçons ?
Les amis ou les complices :
- des signataires de la pétition parue dans Le Monde du 26 janvier 1977 (69 personnes dont Jack Lang, Bernard Kouchner, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir…) qui, à l’occasion d’un procès mettant en cause trois adultes ayant eu des relations sexuelles avec des garçons et des filles de 13-14 ans, faisaient l’éloge de la pédophilie affirmant que les adolescents étaient pleinement responsables de leurs actes à partir de 13 ans.
- du député écolo-européen Daniel Cohn-Bendit écrivant dans son autobiographie, Le grand bazar (1975) : « Il m’est arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller ».
- de l’éditorialiste de Libération du 7 mai 1977 écrivant : « La tyrannie bourgeoise fait de l’amoureux des enfants un monstre de légende qui croque les chaumières. Nous casserons ensemble monstres et chaumières ».
- des défenseurs de Roman Polanski, accusé de viol sur une gamine de 13 ans préalablement droguée, ou de Frédéric Mitterrand, l’amateur de “garçons”. Sans oublier Pierre Bellanger, PDG de Skyrock, radio largement subventionnée par l’état,par le biais du Service d’Information du Gouvernement (SIG), condamné dans un silence médiatique assourdissant, le 5 février 2010, pour détournement de mineure.
Toute cette « canaille dorée pourrie jusqu’à l’os du croupion » (Bernanos) joue les vierges effarouchées alors qu’elle a promu la « licence sexuelle » et le « jouir sans entrave » au rang de droit non négociable de l’homme sans Dieu. Ceux qui dénonçaient l’amalgame homosexualité-pédophilie pratiquent sans vergogne celui entre sacerdoce catholique et pédophilie. Ils sont bien ces sépulcres blanchis que le Christ dénonce dans les Évangiles. La cible finale est bien le sacerdoce catholique avec sa règle du célibat sacerdotal et nullement, ce qu’un vain peuple pourrait croire, la défense de l’innocence enfantine. Sans cela, que n’eût-on écrit sur :
- les professeurs d’éducation physique pédophiles (6 000 condamnations en 50 ans aux états-Unis, pour une centaine de condamnations de prêtres dans le même temps) ;
- les amours enfantines de Mahomet avec son épouse préférée Aïcha âgée de 9 ans ;
- le parrainage par le Hamas, le 9 août 2009, de 450 mariages dans la bande de Gaza entre des hommes de 25-30 ans et des fillettes de moins de 12 ans ;
- les rabbins pédophiles comme David Kaye, piégé par la police américaine en mai 2008.
Il y a dans le monde 406 000 prêtres. N’y aurait-il qu’un pédophile prêtre (et non un prêtre pédophile) sur 1000 parmi eux, cela représenterait 400 personnes. Il sera donc toujours possible de trouver l’un ou l’autre cas scandaleux et de le monter en épingle pour discréditer l’institution, jetant un voile pudique sur les mêmes crimes commis par d’autres personnes dans d’autres cadres (familles, colonies de vacances laïques, écoles publiques…). Le Père Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège, rappelle à ce sujet : « En 2008, aux États-Unis, ont été identifiés 62 000 auteurs d’abus commis sur mineurs, le groupe de prêtres catholiques étant tellement réduit qu’il n’a pu être proportionnellement quantifié ».
Dans son Enquête sur la christianophobie, toujours d’actualité, Michel De Jaeghere a démontré (pp. 73-78) que la part du clergé français en cause était de 0,4 % des effectifs ; ce qui est terrible et tragique mais ne correspond absolument pas à l’image qu’en donnent les médias.
En 2009, Benoît XVI a subi une offensive médiative générale à l’occasion d’abord des déclarations de Mgr Williamson sur la shoah, puis ce fut l’affaire de Recife et enfin les positions du pape sur le sida à l’occasion d’un voyage en Afrique. Aujourd’hui, une nouvelle offensive se développe à propos des cas de pédophilie connus de la hiérarchie catholique mais dissimulés, en particulier en Irlande. Le pape est personnellement mis en cause pour ce qui aurait été son silence coupable. Or, le 25 mars 2005, lors du chemin de croix du Vendredi Saint, à l’occasion de la méditation de la 9e station, celui qui n’était encore que le cardinal Ratzinger, néanmoins Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, n’hésitait pas à constater publiquement : « Que de souillures dans l’église, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement ». Il rejoignait ainsi la terrible accusation de la Vierge Marie lors de son apparition à La Salette, en 1846, prédisant que le clergé deviendrait « un cloaque d’impureté ». Dès son élection en avril 2005, Benoît XVI s’est attaqué à cette question de la pédophilie. En mai 2006, le Père Maciel, fondateur des Légionnaires du Christ, sur lequel pesaient de graves accusations, a été interdit de ministère. La Lettre aux évêques d’Irlande du 19 mars 2010 manifeste à la fois une vraie compassion pour les victimes de ces « actes scandaleux et criminels » et la volonté de mettre en œuvre des mesures devant permettre que de tels événements ne se reproduisent pas. Le pape constate des « erreurs commises » et propose un « chemin de guérison » dont il fixe les étapes :
- « reconnaître devant le Seigneur et devant les autres les graves péchés commis contre des enfants sans défense »,
- réhabiliter « des pratiques sacramentelles et de dévotions qui soutiennent la foi »,
- remettre en cause « des façons de penser et de considérer les réalités séculières sans référence suffisante à l’Évangile »,
- décréter une année de jeûne, de prières et de pénitences jusqu’à Pâques 2011, une place particulière étant accordée à l’adoration eucharistique,
- organiser une visite apostolique qu’il conduira lui-même dans « plusieurs diocèses d’Irlande, ainsi que dans des séminaires et des congrégations religieuses »,
- enfin « une mission au niveau national (sera) prêchée pour tous les évêques, les prêtres et les religieux ».
L’ensemble, en cette année sacerdotale étant confié à la protection de saint Jean-Marie Vianney. Toute cette lettre est admirable : c’est l’appel à la conversion d’un père blessé mais ferme, compatissant avec les victimes mais exigeant avec les fautifs. Les remèdes proposés ne sont pas ceux du monde, ils attaquent le mal à la racine, dénonçant l’affaiblissement d’une foi et d’une piété emportées dans le tourbillon d’une société profondément érotisée où l’affichage complaisant, la pornographie omniprésente au cinéma, dans la rue, la publicité, à la télévision, avivent les tentations, en excitant les sens, alors qu’il est devenu « interdit d’interdire ».
Plus que jamais Benoît XVI a besoin de nos prières et de nos sacrifices car, n’en doutons pas, au-delà de cet épisode, c’est sa volonté de restauration de l’église qui est en cause. Au-delà des communiqués compassés des uns et des silences des autres, n’hésitons pas à nous engager, par exemple en signant la pétition du collectif Soutien à Benoît XVI :
www.soutienabenoitXVI.com
Inscription à l’Université d’été : L’identité (...)
La revue Renaissance Catholique
Mise à jour le 10 mai 2010
